CHAPITRE CINQ

RIRES ET MELODIES

Vietnam

Je passe les quelques jours que j'ai ici à conduire le scooter dans de petits villages, parvenant à m'éloigner des randonneurs et à m'aventurer dans des terres différentes. Les habitants me donnent des regards parfois curieux, parfois prudents. Dans les montagnes ou dans de petits coins de la vallée, j’observe des villageois qui travaillent ou bavardent, et une quantité incroyable d'enfants qui courent et jouent


Le sud de la Chine m'attend avec ses nombreuses nuances de vert. Les bananiers et les oiseaux exotiques sont une preuve évidente de mon avancée vers des paysages tropicaux. Hekou ressemble à ce que j'imagine du Vietnam et cela me prive un peu de la surprise. Impatient maintenant, je me dirige vers la frontière sous un soleil intense qui inonde tout de lumière et de chaleur.

Je traverse les bureaux d'immigration Chinois et Vietnamien sans le moindre tracas. Je m’étais fait une telle affaire de la douane Chinoise. C’en est presque décevant. Quoi qu'il en soit, je suis les quelques marchands qui semblent pousser leurs chariots entre les deux pays tous les jours, et je sors à Lao Cai. Je ne peux pas m'empêcher de me demander quel genre de permis ces marchands doivent avoir, même si je soupçonne la chose d’être plus informel que je ne l'imagine.

Le harcèlement que j'avais laissé en Inde me rattrape alors. Mes cinquante premiers mètres au Vietnam sont un défilé de personnes m'offrant de «changer de l'argent ?!» Ma vieille habitude de dire «non merci» encore et encore revient à moi plus vite que je ne le pensais, mais je fais quand même une échappée vers le bus de Sa Pa.

J'arrive à Sa Pa, qui grouille clairement de touristes. Il ne fait aucun doute que le Vietnam est beaucoup plus touristique que la Chine. Cela est sans surprise. La ville n'a rien d'impressionnant, elle sera un simple arrêt pour la nuit, avant de me diriger vers la vallée. J'ai entendu de bonnes choses à propos la vallée de Sa Pa, et je suis impatient de voir les champs de riz. Malheureusement, le riz est récolté plus tôt dans l'année, mais je ne doute pas que les champs valent le détour quand même. Voyager pendant une année est logistiquement très complexe, et il faut faire le deuil de certaines visites.

Le lendemain matin, je loue un scooter auprès d’un gérant d’hôtel réticent. Typique des endroits touristiques! Nous commençons à négocier ce qui semble être son approche incertaine de la caution. Il mentionne passeport et sommes d'argent, alors que j'essaie de le raisonner. Enfin, nous arrivons à un accord et je pars dans la rue de Sa Pa. Pas loin. Sur le bord de la ville, je tombe sur ce qui semble être un agent de sécurité. Il m'arrête et prétend que je dois payer un droit d'accès pour m'aventurer dans la vallée. Taxer l'accès à des routes publiques ou à certaines parties de villes n'est pas surprenant en Asie, à ce stade. Je lui paie les frais d'accès, et apprends plus tard que les habitants de la vallée ne sont même pas informés de ces frais d'accès. En outre, l'état de la route montre clairement l'absence d'investissement dans la vallée. Frustrant!

Je ballotte sur cette route, jusqu'à Ta Van: un village où j'ai réservé une chambre dans une maison d'hôte. Le village est un arrêt en croissance rapide sur certaines des randonnées populaires de la vallée. Le nombre d'auberges a augmenté de façon exponentielle au cours de la dernière année, et les cafés fleurissent ici et là. A l’auberge, je suis accueilli par une famille de quatres. La mère dirige la maison d’hôte, le père disparaît chaque jour pour un travail mystérieux, le garçon de six ans fréquente l'école et la fille de deux ans regarde des vidéos ou embrasse le chat presque jusqu’à la mort. Pas plus de deux minutes après m'être installé,les commerçantes ambulantes apparaissent. Ce sont des femmes artisanes qui patrouillent dans les rues, traquant les nombreuses proies qui portent des sacs à dos. Elles ont les compétences de vente les plus agressives que j’ai eu la chance de voir. Elles ne sont pas timides et entrent dans les hôtels et maisons d'hôte pour harceler les touristes qu'ils mettent. Vous pourriez être en train de diner en romantique, sortir de la douche, ou seulement juste sortir du lit, ce n'est pas grave:
“Tu achètes quelque chose?“
"Non merci."
"OK peut-être que tu achètes plus tard..."
“Non, je ne veux rien acheter.“
"Ok, plus tard tu achètes chez moi."

Dans un restaurant, je rencontre Indie, une jeune femme de Hanoi qui est en charge de la gestion. Elle explique avoir déménagé ici en raison de son intérêt pour les cultures des minorités dans la vallée. Elle me conseille quelques endroits où m'aventurer hors des voies touristiques. Je passe les quelques jours que j'ai ici à conduire le scooter dans de petits villages, parvenant à m'éloigner des randonneurs et à m'aventurer dans des terres différentes. Les habitants me donnent des regards parfois curieux, parfois prudents. Dans les montagnes ou dans de petits coins de la vallée, j’observe des villageois qui travaillent ou bavardent, et une quantité incroyable d'enfants qui courent et jouent. Un soir, je tombe sur un match de football spontané entre les jeunes de différents villages. Le suivant, je m'arrête sur la route pour observer un enfant de neuf ans qui dirige un groupe de buffles avec un bâton. Globalement, je passe quatre jours fascinants à observer les locaux qui ont un mode de vie plus simple mais semblent si heureux. Il y a une atmosphère incroyablement positive partout, et en moi un sentiment: c'est le premier endroit que je visite où j'envie les habitants pour leur mode de vie.

Malgré tout, je ne peux pas m'empêcher d'être surpris par les habitants. Je n'arrive pas à les cerner. Dans les petits villages, on m'offre sourires comme regards prudents. Je chercher à comprendre s'ils sont timides, ou ont eu assez de voir Palot McBlanc traverser le village avec un appareil photo. Je suis hésitant et me sens bloqué pendant quelques jours. Seuls les enfants sont faciles à approcher, ils m’approchent.

Ces quelques jours dans la vallée ont été très agréables, et à travers la famille d'accueil j'ai aperçu un peu de la vie Vietnamienne. Je rentrais dans le soir et constatais qu'ils avaient organisé une soirée à côté des chambres, peut-être que le père s'offrait une séance de karaoké solitaire dans la cuisine le lendemain, et les enfants entraient dans ma chambre tout le temps pour jouer. Rien ne semblait être grave, et j'ai l'impression d'avoir beaucoup à apprendre de cet état d'esprit.

Le bus de Sa Pa me dépose dans une partie assez inquiétante de Hanoi. Des hommes avec des sourires malicieux m'envoient dans différentes directions et leur but semble être de me confondre en erreur jusqu'à ce que j'accepte leur offre de taxi-scooter. Heureusement, une jeune femme qui étudie dans le quartier vient à ma rescousse et me guide vers le bon bus. Je vais au Vieux Quartier, et j'arrive bientôt à l'auberge.

À mon arrivée, je me rends compte d’où j'ai atterri. L'auberge est une base Occidentale où des frimeurs boivent et font la fête. Je rencontre des gens qui parlent d'une fête mystérieuse et précisent devoir garder un oeil sur le type qui a accepté de les y emmener, parce qu'il «draguerait une fille et nous oublierait quand il part...» Une autre fois, je parle à quelqu'un qui "a été à Hanoi trois fois déjà", mais n'a pas la moindre idée du plus évident des sites historiques. Rapidement, j’annonce au personnel que je souhaite modifier ma réservation de cinq jours à deux.

Je passe deux jours parmi cette foule, et réalise à quel point nous sommes parfois décadents en Occident. Une bonne partie des clients rentrent à l'auberge complètement ivres, et se drogue au gaz hilarant devant un personnel qui les trouve sûrement honteux, pourtant ils sont trop égocentriques pour s’en rendre compte. Un homme d'un petit village près de Ninh Binh travaille comme agent de sécurité. Son nom est Tam et j’entame une conversation avec lui. Il me parle de son déménagement à Hanoi pour gagner sa vie jusqu'à ce qu'il ait les qualifications nécessaires pour être professeur d’Anglais dans son village. Nous parlons de choses du Vietnam, ainsi que de son expérience parmi les Occidentaux. Je m'excuse en leur nom et le félicite d’avoir fait le sacrifice de venir à Hanoi. Il est clair que son déménagement dans une grande ville, par lui-même, n'était pas facile.

Hanoi est le lieu aux marchés et pauses café. Le célèbre Ca Phe, pour lequel le pays est devenu le deuxième plus grand producteur de grains de café au monde. Je me promène et j'observe le train-train quotidien des habitants. J’en rejoint certains pour le thé sur les tabourets de trottoir et j’achète des fruits auprès des nombreuses femmes qui arpentent les rues avec des paniers. Lorsque la matinée est remplie de fruits et de café, je visite le Musée d'Histoire National et la prison Hao Lo qui a été construit par les Français pour enfermer et maltraiter les rebelles Vietnamiens sous colonisation. La prison fut ensuite utilisée par le Viêt-cong pour emprisonner des soldats Américains, dans des conditions plus humaines, semble-t-il.

Hanoi est le lieu aux marchés et pauses café. Le célèbre Ca Phe, pour lequel le pays est devenu le deuxième plus grand producteur de grains de café au monde. Je me promène et j'observe le train-train quotidien des habitants. J’en rejoint certains pour le thé sur les tabourets de trottoir et j’achète des fruits auprès des nombreuses femmes qui arpentent les rues avec des paniers

L'homme m'offre du tabac et de l'alcool, il rit d'un rire contagieux. Nous naviguons et naviguons autour de la baie et de son village flottant. Le temps nuageux rend notre virée mystérieuse


Le temps est venu pour mon départ précoce de Hanoi, et je me dirige vers l'île de Cat Ba. On m'a dit que la baie d'Ha Long est trop perturbée par le tourisme, et que je devrais plutôt visiter l'île. Malheureusement, je soupçonne que la météo ne sera pas de mon côté, mais on verra bien.

Cat Ba est une île de pêcheurs entourée de baies qui hébergent un phénomène géologique semblable à celui que l'on peut trouver dans la baie de Ha Long. Sur Cat Ba, la plus célèbre est la baie de Lan Ha. J'arrive à Cat Ba ville avec un plan vague mais quelques jours à passer. Mon seul plan est de m'aventurer à l'intérieur des terres le premier jour. Je prends un diner rapide qui indique que la nourriture de l'île est probablement digne d’une île touristique, puis je me couche. Je me réveille avec l’estomac contrarié, et fais un inventaire mental des choses que j'ai mangé. Quoi qu'il en soit, je me rends au parc national et je monte au sommet d'une petite montagne. La vue est gâchée par des nuages ​​bas qui plongent l'île entière dans une sorte de brume, mais l'endroit reste néanmoins agréable. Plus tard, je continue ma visite de l'île dans la Grotte Hôpital, qui est fascinante. Pendant la guerre, l'armée Vietnamienne - avec le soutien de la Chine - a construit un hôpital dans une grotte de l'île, abritant les blessés des bombardements. La grotte était également ouverte aux habitants de l'île qui pouvaient trouver un abri temporaire lorsque les bombes tombaient.

Le lendemain, je me réveille avec la nausée à nouveau, et un sentiment croissant d'épuisement. Je décide qu'il est plus sage de ne pas trop pousser et loue un scooter pour me rendre à un petit village dans le nord de l'île. J'arrive dans une baie du nord et j'observe les petits bateaux de pêche qui font des allers et retours vers les petites maisons de pêcheur de l’autre côté de la baie. Je me trouve endormi sur le béton du quai et réalise qu'il est temps de rentrer. Quand je rejoins la ville de Cat Ba, je fais un arrêt rapide pour voir le port de pêche, où des rangées de poissons sont posées à sécher dans le processus de fabrication du Nuoc Mam.

Aussi intéressant cela soit-il, je rentre. Je trouve qu'il est de plus en plus difficile d’être enthousiaste, c’est un sentiment inquiétant. Depuis que j'ai quitté Hanoi, j'ai eu un sentiment croissant d'épuisement, et maintenant un sentiment de blues s’est installé. Suis-je fatigué du voyage? Je décide de chercher des témoignages de voyageurs à qui la même chose serait arrivée, et me rend compte que c'est un problème commun. Le mouvement constant, les interactions sociales éphémères, le climat et l’alimentation en constante évolution, tout cela contribue à vous donner ce que je peux seulement décrire comme une fatigue de voyage. Je lis des témoignages auxquels je peux facilement me rapporter. Ils parlent de fatigue, de confusion et de perte d'intérêt. Le conseil principal est de s'installer dans un endroit pour quelques jours et de se créer une routine. La stabilité peut manquer...

Le plan d’action est évident, je vais me faire violence à Cat Ba puis me faire un petit nid temporaire à Ninh Binh, mon prochain arrêt. Pour mon dernier jour à Cat Ba, je vais enfin visiter la baie de Lan Ha. Les hôtels proposent des excursions mais je suis bien conscient qu’ils capturent la majorité du business et laissent peu de chances aux locaux. A la place, je me rend au port où les habitants proposent des traversées dans leurs petits bateaux-taxis. Il ne faut pas longtemps avant qu’ils me trouvent quelqu'un avec un bateau assez grand pour me faire faire le tour de la baie. L'homme d'un certain âge propose de faire le tour pour moins de la moitié du prix des excursions organisées par les hôtels. J'accepte. Bientôt, nous nous dirigeons vers la mer et le long de l'île. L'homme m'offre du tabac et de l'alcool, il rit d'un rire contagieux. Nous naviguons et naviguons autour de la baie et de son village flottant. Le temps nuageux rend notre virée mystérieuse, mais la température en baisse nous fait donner une fin précoce à cette aventure. C’en est assez pour moi de toute façon, je suis prêt à quitter l'île.

"Ninh Binh est la baie de Ha Long terrestre" est quelque chose que j'ai entendu à plusieurs reprises. Apparemment, le phénomène géologique de la baie d’Ha Long se produit également près de Ninh Binh, donnant à la région quelques-unes des célèbres montagnes arrondies. Je vais à Tam Coc, un petit village touristique près de Ninh BInh. Dans le village, j'ai trouvé une belle petite maison d'hôte et je prévoie quelques jours de repos et de stabilité. Aussi, je me suis rendu compte que mes désagréments à Cat Ba étaient liés à la déshydratation et je dois être un peu plus vigilant avec l’eau.

J'arrive à la maison d'hôte où je suis accueilli par une famille adorable. Ils ont organisé un joli jardin le long de la rivière, et je passe un peu de temps à observer les rameurs locaux qui emmènes les touristes le long de la rivière. Il ne faut pas longtemps avant que le père ne m'offre du thé. Il est assis avec quelques voisins sur la terrasse, où je les rejoins. A la maison d'hôte, je passe quelques premiers jours à flâner, achetant des fruits ou faisant du vélo jusqu’à Ninh Binh pour un film. La famille m'offre une place à leur table pour le déjeuner et me donnent des conseils sur les endroits où aller pour diner. Ils sont vraiment gentils. Dans Tam Coc, je passe du temps assis autour de la place publique, observant les rameurs qui racolent les touristes vers leurs bateaux. A l'heure du déjeuner, les enfants de l'école traversent le village à vélo, faisant la course et riant. Les gens de la région ont quelque chose de frappant. Ils sont tous salutations et sourires, et j’ai l’impression de m'être aventuré dans le territoire célèbre de l'hospitalité Vietnamienne.

Après quelques jours de nourriture et de détente, je n'ai pas d'autre choix que de faire la visite que j'ai repoussé jusqu'ici. Après tout, il ne me reste plus qu'un jour. La famille me loue un scooter et je me dirige vers un point de vue, d’où je capture une vue magnifique sur les montagnes et sur la rivière qui coule à travers les vallées. Les bateaux chargés de touristes sont maintenant de petits points sur la rivière, et plus tard je suis l'un d'entre eux. En effet, je continue ma visite avec sur la rivière. Nous ramons parmi les nombreux bateaux et découvrons les nombreuses grottes à travers lesquelles l'eau s'est creusé un chemin.

C'est maintenant mon dernier jour dans la région de Ninh Binh, et je ne pourrais pas être plus comblé. J'ai rencontré des gens qui m'ont vraiment donné un aperçu de l'hospitalité légendaire du Vietnam, en particulier la famille de l'auberge, et maintenant j'ai hâte d'explorer le pays un peu plus. Je retourne à la maison d’hôte pour rassembler mes affaires et prendre un train de nuit. Mais je veux un dernier moment avec les locaux, et donc je m'arrête dans un petit village, à un moment où les enfants sortent des écoles et les parents rentrent du travail. Je suis guidé par un groupe de garçons qui jouaient avec des bâtons. Ils me demandent de prendre des photos, ils me montrent un chien ici et un canard là. Ils sont fiers de leur petit village, et au bout d’un moment, c'est moi qu'ils montrent aux aînés.

Dans Tam Coc, je passe du temps assis autour de la place publique, observant les rameurs qui racolent les touristes vers leurs bateaux. A l'heure du déjeuner, les enfants de l'école traversent le village à vélo, faisant la course et riant

D’une manière générale Hoi An est très touristique, ses rues sont inondées d'Occidentaux. Comme la plupart des sites classées comme patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est progressivement ruinée par le tourisme de masse


Prochain arrêt: Hoi An. Un des endroits que j'ai été le plus impatient de voir, et pourtant j'arrive avec le cœur lourd. Un de mes amis les plus proches avait prévu de m’y rejoindre, mais il a été bloqué par la neige dans un aéroport Canadien. Pour couronner le tout, j'ai été averti de beaucoup de pluies et d'inondations à Hoi An. Inutile de dire que je m'y dirige avec peu d'enthousiasme.

Il s'avère que le temps n'est pas si mauvais. Il y a peu de pluie, et les inondations sont plus ou moins passées. Au moins, je peux profiter de l'architecture coloniale coloriée de la ville en plein soleil. Hoi An est un ancien port commerçant important au Vietnam, et notamment elle est connue pour ses couturiers à prix abordable. Je rencontre Tuan qui a déménagé d'Hô Chi Minh-Ville à Hoi An et a pris un emploi dans un atelier de tailleur, où on lui offre des cours pour apprendre à faire des vêtements. Son objectif est d'acquérir des compétences et, éventuellement, de travailler dans l'industrie de la mode sur une scène plus importante. Tuan me fais visiter Hoi An, et me parle des tailleurs. Il considère le service rapide avant d'être qualitatif. Finalement, Tuan part pour le travail et nous planifions de nous rencontrer plus tard pour une bière. Je suis curieux d'en savoir plus sur ce jeune homme qui a décidé de tout laisser derrière et d'apprendre l'artisanat de la couture directement dans les ateliers.

Le lendemain, je visite un Musée d'Histoire presque vide où j’en apprends plus sur la guerre du Vietnam. J'attends Ho Chi Minh Ville pour me forger une opinion, puisque c'est là que la plupart de l'information est: Malgré tout, je commence à sérieusement me poser la question: que faisaient la France et l'Amérique au Vietnam? La vieille histoire de l'Impérialisme ...

Plus tard, je visite une des maisons traditionnelles, pour lesquelles Hoi An est célèbre. Malheureusement, une partie importante de la maison est utilisée pour vendre des produits aux touristes et cela gâche un peu l'expérience. D’une manière générale Hoi An est très touristique, ses rues sont inondées d'Occidentaux. Comme la plupart des sites classées comme patrimoine mondial de l'UNESCO, elle est progressivement ruinée par le tourisme de masse.

Une autre chose que je réalise, c'est qu'il n'y a vraiment pas grand-chose à voir ou à faire à Hoi An. Je suis heureux que nous n'ayons pas prévus plus de jours ici. Je passe le peu de temps qu’il me reste à visiter le marché aux lanternes le soir ou à m’arrêter prendre le café dans la journée. Finalement, ça paie! Je tombe sur une petite boutique d'artisanat où ils vendent de belles céramiques. Leurs services de thé et ustensiles de table sont faits par des personnes handicapées, leur permettant de gagner leur vie. La dame vendant la céramique dit qu'ils ont aussi une maison de thé, où des serveurs malentendants vous servent du thé et du café dans les tasses de la boutique. Nul doute, c'est la conclusion parfaite à ma visite de la ville.

J'ai séjourné à Penang, Malaisie pendant une semaine. Noël, visite d'une amie qui y réside pendant un an. Maintenant, la pause est terminée et je me dirige vers Ho Chi Minh Ville. La ville était (et est encore dans une certaine mesure) appelée Saigon, le gouvernement d'après-guerre se l’ai re-appropriée symboliquement à travers du nom du leader.

J'ai trois jours à passer à esquiver les innombrables scooters de la circulation surchargée d’Ho Chi Minh Ville, bien que comme tout le monde je suis asphyxié par leurs fumés. La ville est le cœur économique du Vietnam, et des bâtiments modernes sortent de terre de manière régulière. Des discothèques émettent une centaine de lumières au sommet de ces bâtiments, alors qu’autour de nombreux magasins occidentaux, on trouve encore beaucoup de nourriture de rue. Ma chance m'a fait rencontrer Hung, un étudiant de la ville, originaire de Hue. Il travaille à temps partiel en tant que guide pour des excursions à scooter, et a proposé de me montrer une partie de la ville sur son temps libre. En retour, il rencontre un étranger et pratique son anglais.

Hung me montre les principaux sites, comme la cathédrale Notre-Dame qui a été construite avec des matériaux importés d'Europe. De l'autre côté de la rue, nous nous arrêtons au célèbre bureau de poste, mélange d'architecture coloniale et de subtils nuances Asiatiques. Hung me montre quelques étals de nourriture de rue, de jour et de nuit, alors que nous visitons les rues ou allons boire une bière. Toute la nourriture étrangère est facilement déchiffrée quand je suis en sa présence. D'autant, il partage quelques histoires drôles sur ses tournées.

À Ho Chi Minh Ville, je profite d'un mélange de visites historiques et de commodités modernes. Je remarque rapidement que la ville serait un endroit idéal où aménager, devrait-je jamais aller vivre au Vietnam pour quelconque raison. Mais la pensée est sans importance. Je décide de me concentrer sur ma visite et, sur l'offre de Hung, nous allons au Musée d’Histoire de Guerre. L'endroit est vraiment le clou de ma visite. Plus que jamais, je réalise les horreurs et l'injustice de notre politique en Occident. Mais, peut-être plus important encore, j’en apprends plus sur les complexités de la guerre et la prospérité des Vietnamiens en tant que peuple.

Lors mes trois jours ici, Hung m'a montré la ville, mais pas seulement. Avec le plus chaleureux des sourires et un sens de l'humour rusé, il m'a montré un aperçu de sa vie aussi. Au travers des nombreuses conversations que nous avons eues sur la vie et les ambitions, par son humilité et son contentement, j'ai vu comment certaines de nos préoccupations occidentales peuvent être futiles à nouveau. Le jeune homme semble heureux de ce qui s’offre à lui, et montre une patiente ambition de se créer plus d'opportunités.

La ville est le cœur économique du Vietnam, et des bâtiments modernes sortent de terre de manière régulière. Des discothèques émettent une centaine de lumières au sommet de ces bâtiments, alors qu’autour de nombreux magasins occidentaux, on trouve encore beaucoup de nourriture de rue

Nous atteignons le marché flottant en un rien de temps, et naviguons autour des bateaux qui vendent des lots de fruits et légumes. Cet endroit du marché est consacré aux ventes de volume, mais nous parvenons à trouver un marchand disposé à nous vendre quelques ananas. Bon départ!


Je quitte Saigon avec le sentiment que je pourrais facilement y avoir passé quelques jours de plus. Sauf que je n'ai plus de temps au delà du seul jour que j'ai gardé pour une visite des marchés flottants à Can Tho, avant de m’envoler pour l'île de Phu Quoc. Le voyage pour Can Tho est un travail de patience, les cinq heures de trajet annoncés se révélant en être sept et demi. Typique.

J'arrive à Can Tho et un homme du bus propose de me déposer. Il dit que je peux sauter sur son scooter et épargner le prix du taxi. Il est de Can Tho donc ce n’est pas un problème pour lui … J’accepte et grimpe à l’arrière de sa moto, puis réalise vite qu'il n'a aucune idée d’où nous allons. Il semble confondre les rues et tourne en rond, en demandant le chemin sur le côté de la route. Il est disposé à aider, et ne veux pas abandonner, même si son coup de main devient progressivement un handicap. Il ne semble pas se rendre compte du simple fait que nous sommes du mauvais côté de la rivière, et quand je déchiffre la carte enfin, il n'écoute pas. «Comme c'est typique» - je me dis - «vouloir aider à tout prix même s’il n'aide pas vraiment au final.» Peu importe, j’apprécie le geste et concentre mon énergie pour essayer de le guider tant bien que mal. Nous arrivons finalement.

À l'hôtel, je suis accueilli par un guide local à qui le propriétaire a offert le logement, pour avoir apportés les clients de sa tournée du lendemain. Alors que nous bavardons, je me rends compte que joindre son excursion est ma meilleure option pour voir le marché. Je me couche après le dîner, car la nuit sera courte. Le réveil est difficile, mais nous embarquons bientôt sur un bateau avec petit déjeuner, à l'arrière de l'hôtel. La vue du café aide déjà. Nous atteignons le marché flottant en un rien de temps, et naviguons autour des bateaux qui vendent des lots de fruits et légumes. Cet endroit du marché est consacré aux ventes de volume, mais nous parvenons à trouver un marchand disposé à nous vendre quelques ananas. Bon départ!

Pour le reste de la matinée, nous naviguons le long du Mékong et débarquons pour visiter fermes de pythons et champs de papayes. Notre guide est un peu trop enthousiaste, et il semble plus préoccupé de se faire des amis que de partager des informations sur le marché, mais il a de bonnes intentions. Il nous chante des chansons et enregistre des vidéos du voyage, et finalement nous atteignons à nouveau l'hôtel. Il est deja temps de faire mes valises et de partir. J’aurais pu facilement passer plus de temps à visiter le delta du Mékong, mais c'est la vie, et j'ai l'espoir de voir des paysages du Mékong quand je visiterai le Cambodge. «Pour l'instant, je dois trouver un moyen d'atteindre l'aéroport» - je me dis. C'est alors que notre guide, Tho, offre de m’emmener en scooter. Je saisis l'occasion et, après un arrêt rapide pour le déjeuner, il me dépose à l'aéroport international de Can Tho. Au revoir Tho, au revoir Can Tho!

Une heure d’avion me sépare de l'île de Phu Quoc, un joli petit arrêt avant de quitter le Vietnam. Ma famille a organisé un séjour sur l'île pour moi, via quelqu'un qu'ils connaissent. Cet expat de Phu Quoc me salue en salle d'arrivée.

Pendant quelques jours, je vais visiter les nombreuses plages de l'île et faire une promenade en bateau sur les petites îles avec lui. Nous chevauchons des scooters à travers la jungle et nous arrêtons pour visiter certaines des fermes de poivre pour lesquelles l'île est célèbre. Seul, je m'aventure autour du marché de jour ou de son équivalent nocturne plus touristique. Les quelques jours sont une pause détente sur cette grande île et mon ami expatrié est un hôte adorable. Il fait en sorte que je passe un bon séjour et approfondit ma connaissance des Vietnamiens en me donnant la perspective de quelqu'un qui travaille avec eux depuis quelques années deja.

Phu Quoc est une île assez grande dans la baie de Thaïlande. Géographiquement, elle est plus proche du Cambodge que du Vietnam, ce qui me donne une belle occasion de poursuivre le voyage. L'île est assez touristique, même si ce n'est rien à côté des îles Thaïlandaises. "Phu Quoc est Phuket il y a vingt ans" - j'entends. Cela semble assez juste. Les resorts apparaissent un peu partout, et les chemins de terre dans la jungle sont lentement transformés en chemins de ciment. Il ne semble pas y avoir demi mesure dans le développement du tourisme ici, et je ne donne pas à l’île plus de cinq bonnes années avant d'être ruinée. Dans tous les cas, je profite de mon séjour. La plage, la nourriture, que peut un homme demander de plus?

Les quelques jours sont une pause détente sur cette grande île et mon ami expatrié est un hôte adorable. Il fait en sorte que je passe un bon séjour et approfondit ma connaissance des Vietnamiens en me donnant la perspective de quelqu'un qui travaille avec eux depuis quelques années deja

Je regarde en arrière à l'un de mes premiers diners à Ta Van, alors que j’entamais une conversation avec une expat qui était en weekend de son emploi à Hanoi. "Si tu pouvais faire une observation des gens ici au Vietnam, qu’est-ce-que ça serait?" - Je lui demandais. Sans le savoir, elle me donnait une réponse qui résumait déjà le sentiment de mes cinq semaines parmi eux: "Je suppose que je dirais qu'ils sont heureux, à moins qu'ils aient vraiment une raison de ne pas l’être."


J’embarque sur un ferry pour le continent et cet après-midi je serai dans un pays différent. Je prends un siège dans le bateau rapide et me demande ce qui m'attend. Que se passe-t-il au-delà d'Ha Tien, la ville Vietnamienne à la frontière du Cambodge? Dans mon esprit, je spécule déjà sur le paysage et les gens du Cambodge. Cependant, j’ai un mélange de sentiments, car autant que je me réjouis de la prochaine aventure, je laisse le Vietnam derrière. Ce n'est pas un adieu facile.

Les cinq semaines que j'ai passées au Vietnam étaient fascinantes. Après la Chine, il a définitivement intensifié le jeu du tourisme, mais pour autant que j'ai pu avoir honte de mes collègues occidentaux, pour autant que j'ai pu souffrir de déshydratation et de fatigue, le Vietnam restera un grand souvenir. Pour moi, c’est pour de bon la terre des gens heureux, et le premier endroit me procurant un réel désir de rester. J'ai observé un peuple qui se contente de peu au-delà de l'unité, un peuple qui sourit et prospère. Je regarde en arrière à l'un de mes premiers diners à Ta Van, alors que j’entamais une conversation avec une expat qui était en weekend de son emploi à Hanoi. "Si tu pouvais faire une observation des gens ici au Vietnam, qu’est-ce-que ça serait?" - Je lui demandais. Sans le savoir, elle me donnait une réponse qui résumait déjà le sentiment de mes cinq semaines parmi eux: "Je suppose que je dirais qu'ils sont heureux, à moins qu'ils aient vraiment une raison de ne pas l’être."

Les regards prudents des minorités Black Mong, Red Dao, Day et Tay dans la vallée de Sa Pa vous feront un peu hésiter. Peut-être vous vous demanderez où vous êtes aventuré, mais il ne faudra pas longtemps avant que vous ne rencontriez un sourire timide ou vous entendiez les "HELLO! BYBYE!" des enfants. Plus tard, vous deviendrez amis avec des étrangers qui sont aussi heureux de vous rencontrer que vous n’êtes des les rencontrer. Je pense à Indie, Tam, Tuan et Hung. Je pense à leur partage de nombreux moments heureux, sans effort. Encore une fois, je me sens reconnaissant pour les amis que j'ai rencontré en chemin. Une collection de sourires, recette pour une vie heureuse.

Le Vietnam est un lieu d'enfants et de sourires heureux. Ici, nourriture fraîche, bonne humeur et un peu de soleil suffisent à rendre un homme heureux. Vous analyserez la vie des gens du pays, leur culture et leur structure familiale; Vous rencontrerez les gens et vous vous demanderez comment peuvent-ils être si satisfaits? Paradoxalement, la chose qu'ils vous enseigneront est que vous n'avez pas besoin d'une réponse à cette question, car il pourrait ne pas y en avoir, de toute façon. Si quelqu'un me demande jamais ce qui rend les Vietnamiens si heureux, je leur répondrai les enfants qui courent et le karaoké. Rires et mélodies.

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