CHAPITRE SEPT

LE GRAND MIROIR

Myanmar

Des moines Bouddhistes contemplent les rails, des femmes âgées portent des paniers remplis d'articles fraîchement négociés au marché, et partout les enfants sont coquins comme d'habitude. À côté du train, des gens marchent sur les rails ou bavardent près de la route. Nous faisons des arrêts rapides à différentes stations, où les plates-formes sont occupés par marchands et familles sans abri. Certains voyageurs aventureux attrapent le train en marche et ajoutent à ce spectacle incroyable


L'étreinte était attendue, je la reçois alors que je quitte le poste d'immigration de l'Aéroport International de Yangon. "Myanmar est un coin reculé du monde pour y retrouver une vieille amie" - je me dis. L’espace d’un instant, j'essaie de me rappeler quand nous nous sommes vus pour la dernière fois. Il y a trop longtemps, ça c'est sûr.

Mon amie m’accueille dans sa nouvelle ville, je l'accueille dans mon aventure. Alors que nous nous dirigeons lentement vers la sortie, je lui demande quelque chose qui va s’avérer naïf. L'Asie doit avoir biaisé mon point de vue, ou peut-être je prends un raccourci un peu trop évident étant donné qu’elle vit en Asie du Sud-Est depuis un moment. "Tu es en scooter?" Seulement, il n'y a pas de motos à Yangon. J’apprend qu’elles sont interdites, et si vous désirez savoir pourquoi, vous devez choisir parmi un large éventail de théories. Celles-ci vont des déclarations officielles mentionnant le taux de mortalité dans les rues de Yangon, aux ’légendes’ plus exotiques qui ont tous un thème commun: l'abus de pouvoir des élites militaires paranoïaques qui, vous l'aurez deviné, se sont épargnée l'interdiction. Une version populaire veut qu'un fonctionnaire militaire ait reçu un geste menaçant (ou impoli) d’une paire d’adolescents sur une moto, alors que son chauffeur s'arrêtait à un feu rouge. Une chose est sûre, le voyage va s'avérer intéressant.

Je prends quelques jours pour me reposer et rattraper du travail en retard, apercevant la pagode Shwedagon avec impatience. D’une première impression, Yangon est une ville bourdonnante de bouchons, où l'interdiction des véhicules à deux roues s’ajoute à la bonne vieille règle ’moi-d’abord’ des rues de villes Asiatiques pour faire de votre vie une misérable série de trajets frustrants. Je n'ai pas le choix que de faire avec et de sauter dans un taxi pour une pause au Musée National de Yangon. J'arrive au bâtiment sombre et découvre quelques grands objets de la culture Birmane. Le musée a une collection impressionnante et je découvre les différentes époques de l'empire Birman, ainsi que les groupes ethniques actuels du Myanmar, du mieux que je peux étant donnée l'organisation confuse des expositions. La visite me montre d'innombrables représentations du Bouddha et me ramène jusqu’à la Préhistoire.

Quelques jours et quelques virées en taxi plus tard, nous entreprenons la visite que j’ai le plus attendue à Yangon: le train circulaire. La promenade, célèbre pour son témoignage de la vie locale, vous emmène pour une boucle de trois heures autour de la ville et de sa banlieue ’rurale’. Malheureusement, nous ne pouvons voir que la moitié ce jour-là. Quoi qu'il en soit, je monte à bord du vieux wagon avec enthousiasme. Nous partageons le train avec une foule diversifiée, et encore une fois, je suis étonné par le nombre de personnes portant le très typique thanaka, fait de sciure et d'huile. Filles ou garçons, hommes ou femmes, nombreux sont les visages qui arborent les taches blanc-jaunes de cette pâte cosmétique. Je décide de m'asseoir dans l'entrée sans porte du véhicule, et d'observer les gens du coin qui montent et descendent du train. Des moines Bouddhistes contemplent les rails, des femmes âgées portent des paniers remplis d'articles fraîchement négociés au marché, et partout les enfants sont coquins comme d'habitude. À côté du train, des gens marchent sur les rails ou bavardent près de la route. Nous faisons des arrêts rapides à différentes stations, où les plates-formes sont occupés par marchands et familles sans abri. Certains voyageurs aventureux attrapent le train en marche et ajoutent à ce spectacle incroyable. Nous décidons de quitter le train quand le soleil montre des signes d'évasion, et avant de s’aventurer trop loin de la ville. Je me fais la promesse de revenir pour terminer la boucle.

Le lendemain, nous visitons le monument le plus célèbre de Yangon: la pagode Shwedagon. J'avais aperçu l'impressionnant stupa, il est difficile de la manquer. Le monument se trouve sur une colline au centre de la ville, il chatouille le ciel à quatre-vingt-dix-neuf mètres au-dessus du du sol, et brille d'or. Shwedagon Zedi Daw est le plus sacré des sites Bouddhistes au Myanmar, et on pense qu’il contient les reliques de quatre Bouddhas. C'est un lieu de convergence pour le peuple très pieux du Myanmar. Des familles et amis se rencontrent et se promènent autour de la stupa. Ils s'arrêtent ici et là pour prier ou faire des offrandes, et la foule ne semble pas les déranger.

Comme prévu, je retourne plus tard au train circulaire. Seulement, cette fois ma chance a tourné. Le train est plus moderne et ses portes automatiques me font prisonnier d'un groupe en visite guidée. L’espace d’un instant, je me demande si je devrais abandonner l’idée du train circulaire ou bien tout voir par la fenêtre. Heureusement, à ce stade du voyage, j'ai adopté une devise qui vous sort de toute situation: "sauves les pots cassés!" Je m’échappe après quelques stations, et le reste de la boucle sera une bonne raison de revenir au Myanmar! Je me promène dans les rues pendant un moment, et tombe sur un groupe d'hommes qui jouent au chinlone à côté de la voie ferrée. Je connaissais le jeu, typique du pays, mais je n'avais jamais eu l'occasion de me mêler aux joueurs et d'en apprendre un peu plus. Comme d'habitude, je suis une distraction quand je les approche, bien que, fidèles à mon expérience du Myanmar jusqu'à présent, ces jeunes Birmans sont assez timides. En une semaine dans le pays, j'ai eu le sentiment que les Birmans avaient le désir d'interagir mais une certaine réserve. Ils m'ont paru incroyablement humble, je décide donc d'échanger quelques mots et de voir où cela me mène. Peu de temps après, je suis invité à rejoindre le cercle pour jouer. La balle tissée main, faite de rotin, doit être passée sans toucher le sol, en utilisant tout sauf les mains. Le jeu est conçu pour ne pas être compétitif mais inutile de dire que je suis le plus mauvais des joueurs et qu’ils rigolent bien. Bientôt, ils passent à un jeu différent qui peut être résumé comme une version sans mains du volley-ball, avec une balle de chinlone. Celui-ci est définitivement hors de portée pour moi, et je suis invité à rejoindre un jeu de volley-ball classique. Je joue un moment et finalement, je reprends mon observation des jeux de chinlone et des trains qui passent. Après quelques heures, je décide de dire au revoir à ce groupe accueillant. Le temps est venu de quitter Yangon et j'ai besoin de préparer mes affaires.

Dans le bus pour Bagan, je me demande ce qui m'attend. Le site est de plus en plus populaire et je l’ai trouvé comparé à Angkor plusieurs fois. Avec ce dernier encore à l'esprit, je suis décidé à étudier de près leurs similitudes et nuances. Je plonge dans le guide de voyage qu’on m’a prêté et commence à étudier Bagan. Quelques temples attirent mon attention et je prévois de les visiter. Notamment, un temple en particulier semble avoir des influences Hindoues, pour lesquelles j'ai eu un goût particulier quand j'ai visité les temples d'Angkor. Quant au reste, Bagan est presque exclusivement Bouddhiste et l’a toujours été. L'histoire de l'empire et de ses temples ont longtemps été largement débattus parmi les cercles de l'archéologie, notamment en ce qui concerne la cause de leur déclin. La croyance populaire est que les Mongols auraient envahit une capitale habitée, ou désertée. Certains croient qu'ils ont été arrêtés plus au nord, et que Bagan est devenu une ville secondaire lorsque la course effrénée aux constructions de temples a sabotée l’économie. Quelque chose qui n'est pas débattu, c’est que les temples Bouddhistes ont connu peu de modifications, si ce n’est les rénovations régulières qui sont encore entreprises de nos jours. Ce n'est pas un secret, sans les nombreuses rénovations au cours des siècles, les temples ne seraient que des tas de décombres, et notamment en raison des nombreux tremblements de terre dans la région. Certains experts font valoir que Bagan est proche d'un «DisneyLand» d'archéologie tandis que d'autres considèrent les rénovations comme faisant partie de l'histoire et de la culture du site. Certaines des rénovations sont faites par des habitants bienveillants qui peuvent avoir des compétences sans rapport, bien que l'UNESCO semble avoir un certain degré de supervision sur certains temples. J'ai l'impression qu'il y aura beaucoup à apprendre.

L'auberge que j'ai trouvé est assez confortable mais la plupart de mes nuits sont perturbées. La première, des touristes égocentriques et bruyants allument toutes lumières au milieu de la nuit et montent à l’échelle de mon lit pour m'offrir "un verre?" Une autre, un de mes charmants compatriotes Européens a trop bu, il vomit sur le sol de la salle de bains. Les deux occasions m'offrent des réveils matinaux et je passe quelques jours à visiter les impressionnants temples de Bagan. Leur nombre est impressionnant à lui seul, mais je suis tout particulièrement surpris par la taille de certains. Des temples majeurs, comme Ananda, Htilominlo ou Sulamani, sont tout simplement énormes.
Admirant le lever ou coucher du soleil autour de Old Bagan, ou explorant les routes poussiéreuses de la plaine inférieure, je conduis un scooter électrique en ce lieu historique, dans son atmosphère unique. En explorant les temples et leurs nombreux villages environnants, je me rends compte de l'expérience unique qu’est Bagan. Contrairement à beaucoup des lieux touristiques, Bagan est vivant. Vous vous aventurez dans la vie locale pour découvrir l'histoire, et il n'y a pas d'heure d'ouverture ni de clôture! Un matin, je rencontre une vieille dame assise sur le sol en dehors d'un temple plus récent. Elle vend quelques fruits et observe un homme qui a grimpé à un cocotier. Elle semble en émoi à la vue de la scie que l’homme a porté là-haut. Je décide d'acheter un fruit ou deux et m'invite à m'asseoir avec elle. La dame est aux anges, elle me regarde et pointe l'homme du doigt avec excitation. Ensemble, nous regardons des morceaux de tronc tomber avec fracas. Elle appelle les passants et leur montre le spectacle, et je ne sais pas qui de l'homme coupant l'arbre ou de cette dame à côté de moi est plus fascinant.

J'ai gardé une belle petite quête pour mon dernier jour. En effet, il y a quelque part à Bagan la peinture d'un guerrier Mongol et de son commandant, qui a alimenté le débat sur le rôle de l'empire Mongol à Bagan. Je me dirige vers la très populaire Pagode Shwezigon, avec son fameux petit trou d'eau dans le sol, reflétant la stupa. Son but était d’éviter aux rois de Bagan de lever la tête au risque de faire tomber leur couronne. Je commence mon enquête ici et je suis dirigé vers un petit temple creusé dans une colline, où je trouve la peinture. Le guerrier Mongol vise un canard de sa flèche, tandis que son commandant se détend sous un arbre. Je réfléchis un instant à l'argument que cette représentation contredit la théorie d'une invasion agressive de Bagan, bien que nous ne saurons probablement jamais. Je décide d’en rester là, et me dirige vers la plaine inférieure où je vais rendre une dernière visite au temple que j'ai le plus aimé: le temple de Payathonzu, aux influences Hindoues. J'arrive et passe les stands de souvenirs bien trop communs à Bagan. À l'intérieur du temple, un local me montre des représentations que j'ai manquées lors de ma première visite. Notamment, Brahma et Shiva! Nous entamons une conversation que nous terminons à l'extérieur. Son nom est Ko. Il se présente comme Ko Ko, peintre à New Bagan. Il patrouille les temples pour tenter de vendre ses peintures et mentionne ne pas pouvoir se permettre d’avoir un stand, compte tenu des frais du ’Département d'Archéologie’. Je suis d'accord avec lui et je me dis que le moins d’argent il leur donne, au mieux ça sera. En effet, cette autorité locale quelque peu opaque facture vingt dollars pour chaque véhicule entrant la zone de Bagan, environ vingt dollars supplémentaires par personne pour un pass de cinq jours qui donne accès aux temples, et des frais de concession à chaque vendeur de souvenir stationné devant les monuments. Pendant ce temps là, le gouvernement Indien a investi vingt-deux millions de dollars pour le temple Ananda, et la plupart des autres sont en cours de rénovation par les habitants locaux qui sont pieux et se portent volontaires. Je garde ces pensées pour moi; car entamer un débat politique avec les habitants du Myanmar serait plus que maladroit. Au lieu de cela, j'apprécie la compagnie de Ko Ko pendant un moment et j'admire ses belles peintures de sable.

Mon dernier jour arrive et je suis prêt à prendre un bus de nuit pour Nyaung Shwe. Bagan a été une sacrée expérience, et certainement une avec de nouveaux aspects. J'ai exploré un site animé que les habitants partagent avec des temples vieux de plusieurs siècles. Bagan m'a séduit pour des raisons différentes qu'Angkor, et pour cette raison je ne pourrai jamais les comparer. L'expérience générale de Bagan a été vraiment unique, et particulièrement agréable, c’est tout ce que je dirai. Je pars maintenant avec l'espoir que le site ne sera jamais aussi transfiguré par le tourisme que d'autres que j'ai vu, même si il y a déjà des signes précoces. Notamment, Bagan a déjà sa part du touriste irrespectueux, une espèce qui semble envahir le monde dans son ensemble. Malheureusement, ici ne fait pas exception, vous trouverez vos touristes qui prennent une photo avec flash alors que des locaux essaient de prier devant eux. Vous verrez des groupes d'étrangers prendre des photos frontales d'enfants religieux qui sont clairement mal à l'aise. Peut-être que vous ne comprendrez jamais comment ils osent ne pas demander de consentement, peut-être vous vous direz que ce n'est pas un zoo. Je suis d'accord.

Admirant le lever ou coucher du soleil autour de Old Bagan, ou explorant les routes poussiéreuses de la plaine inférieure, je conduis un scooter électrique en ce lieu historique, dans son atmosphère unique. En explorant les temples et leurs nombreux villages environnants, je me rends compte de l'expérience unique qu’est Bagan. Contrairement à beaucoup des lieux touristiques, Bagan est vivant

Nous naviguons parmi les pêcheurs typiques qui sont célèbres pour leurs grands pièges à poisson, ressemblant à des paniers, ainsi que pour leurs techniques de rame. Ils se tiennent sur une jambe et rame de l'autre


On m'a vendu un autobus de nuit qui atteindrait Nyaung Shwe "vers huit heures du matin." Il est maintenant quatre heures et nous sommes arrivés. Typique. Je jette un petit sort mental au jeune homme de l’auberge, qui ne voulait pas manquer une vente, et saute dans un tuk tuk. L'homme de l'hôtel ouvre la porte avec un bâillement et je m'excuse de le réveiller. Il m’accueille, même si le lit ne sera pas prêt avant midi. "C’est l’occasion de faire le tour du lac en bateau!" -Je me dis.

J’attend dans le hall d'entrée, j'exécute quelques corvées que j'ai laissé de côté trop longtemps, et l'heure du petit-déjeuner arrive. Peu de temps après, je monte à bord d'un long bateau pour le lac Inle. Le jeune homme qui me conduira m’offre des sourires généreux et, dès que je suis assis, nous partons dans le canal. Les bateaux utilisés ici sont propulsés avec une vitesse incroyable et je comprends bientôt pourquoi: le canal mène à un lac immense, où des moteurs classiques ne permettrait pas de parcourir de distances suffisantes en un temp raisonnable. Nous naviguons parmi les pêcheurs typiques qui sont célèbres pour leurs grands pièges à poisson, ressemblant à des paniers, ainsi que pour leurs techniques de rame. Ils se tiennent sur une jambe et rame de l'autre. La visite du lac et de ses nombreux villages m'amène à des ateliers de forgerons d’argent ainsi qu’à des usines de tissage de lotus où nous rencontrons des femmes Kayan au cou allongé. Plus tard, je peux visiter la Pagode Hpaung Daw U, qui est un site religieux clé. Ici, le nombre de croyants offrant des feuilles d'or a transformées cinq statues du Bouddha en boules difformes. Nous naviguons sur le lac et à travers les jardins flottants, où les villageois cultivent des légumes. Malheureusement, ma nuit dans l'autobus me rattrape et je suis heureux que la virée arrive à sa fin. Nous avons passé quelques bonnes heures sur le lac, et je me suis émerveillé de son immensité. J'ai été étonné de la vie locale bourdonnante sur ce lac, et je serais heureux de revenir mais pour l'instant, c’est l’heure de la sieste.

J'ai prévu de passer deux jours à Nyaung Shwe, et ce sera suffisant. Mon deuxième jour s’avère être le jour du marché ambulant qui anime cette ville autrement terne. Je passe la matinée la tête baissée, explorant un marché ombragé par une bâche à hauteur de la population locale. Différentes minorités sont descendues des collines et vendent fruits, légumes, arachides ou thé, pour n'en citer que quelques-uns. Les villageois semblent porter des foulards typiques et encore une fois, le thanaka est le seul accessoire commun. Pendant un certain temps, j'observe leur comportement et essaye de déchiffrer les habitudes de ces gens du pays sans déranger. Il est clair que ces locaux ne sont pas ici pour flâner, c'est leur zone d'approvisionnement! Après avoir acheté quelques produits, je décide de laisser tout le monde à leur business et je pars.

Le reste de l'après-midi, j'explore les rues de cette petite ville en essayant de faire un recensement de tous les monastères que je vois. Nyaung Shwe semble être un endroit assez religieux, bien que le Myanmar dans son ensemble soit incroyablement dévot. Essayant de comprendre si les monastères sont regroupés dans une certaine partie de la ville ou se répandent plus largement, je finis par suivre les directions d’où j'aperçois des religieux. C’est comme cela que je tombe sur un terrain de football où un grand nombre de jeunes se sont réunis pour jouer au ballon. Parmi eux, de jeunes hommes religieux ont attachées leurs robes en shorts pour participer aux jeux. Le spectacle est tout à fait inattendu, et je m'assois pour regarder les matchs un moment. Quelle parfaite conclusion pour ma courte visite ici!

Le bus pour Mawlamyine m'a fait traverser le paysage plus «tropical» du sud-est du Myanmar, ainsi qu’un immense pont menant à la ville. Un homme que j'ai rencontré à quelques rues de la gare routière a proposé de me conduire à l’hôtel pour un prix raisonnable et je n'ai pas hésité à sauter dans le camion. L'homme utilise le peu d'Anglais qu'il a appris lorsqu'il travaillait à Singapour, tandis que nous traversons la ville coloniale. Mawlamyine, connue comme Moulmein, était la capitale coloniale de l'empire Britannique en Birmanie, et par conséquent elle était un port important. De nos jours, c'est une ville tranquille avec des racines coloniales, de beaux temples et peu de touristes.

Je n'ai que quelques jours à passer ici, sous les regards curieux des gens de la ville. Ma promenade autour de la ville coloniale me fait traverser le quartier Indien et des rues de village sur la colline. J'atteins un monastère qui semble garder l'entrée de la pagode Kyaik Than Lan. A l'intérieur du monastère, un garçon joue avec un vélo, et il s'arrête une minute pour me saluer. Il me montre la direction de l'escalier menant au temple. Je me rends à l'endroit sacré, si cher à Kipling, et il m'offre une vue magnifique sur la ville et ses environs. La rivière embrasse Mawlamyine au Nord et à l'Ouest, et la mer fait une apparition lointaine. Je commence à marcher autour de l’immense stupa et à observer les habitants qui font leurs offrandes. Deux ponts conduisent à des tours construites sur les flancs de la colline, d'où les haut-parleurs émettent les chants d'un moine. L'entrée Nord me mène à la pagode Mahamuni, avec sa chambre centrale étincelante et sa réplique du Bouddha de la pagode Mandalay. Les sites religieux de Mawlamyine sont glorieux et peuvent sembler un peu disproportionnés pour la petite ville. Je m'offre une autre excursion rapide du Kyaik Than Lan avant de retourner vers la partie coloniale de la ville, via l'entrée principale où je refuse des offres de drogue de jeunes adolescents. Ma balade me mène au travers du quartier Musulman de Mawlamyine, et je termine devant la magnifique mosquée Surti Sunni Jama. Mawlamyine a une atmosphère ancienne et à chaque coin de rue, je m'attendais à voir des personnes en costumes anciens débarquer sur des bicyclettes du siècle dernier. Elle m’a offert une belle journée, mais la fournaise du sud-est du Myanmar lui donne une fin précoce.

Le lendemain, je décide de louer un scooter et de me diriger vers le monastère de Pa-Auk, qui est un centre de méditation ouvert aux étrangers et qui semble valoir le détour. J'arrive et tombe nez à nez avec une foule de religieux qui déjeunent. Ils m'invitent à prendre un repas gratuit et je finis avec une assiette dans les mains, que je décrirai comme ’plus que pleine’. J'avais lu quelque chose sur ce rituel du déjeuner, mais malheureusement j’arrive trop tard pour manger au milieu des moines. "Quelle générosité!" -Je me dis, en me rappelant que les gens qui s'inscrivent dans ce camps de méditation reçoivent également hébergements, cours et conseils. Je partage le déjeuner avec trois Indonésiennes qui rendent visite à leur fils/frère qui est moine ici. Elles proposent de l'appeler si j'ai des questions. Le jeune homme vient discuter de la vie au monastère. Il explique qu'il s'agit d'un monastère assez strict, bien que l'un des plus ouverts aux gens de l’extérieur. Je pose quelques questions et il m’explique les buts de la méditation dans le Bouddhisme: se libérer de l’attachement, la haine/le préjugé et l’illusion. Je le remercie pour cette belle conversation et le laisse profiter de son dernier jour avec la famille pour qui il n'est pas autorisé à montrer de l'affection. Je me promène dans ce lieux, convaincu que les visites sont permises, mais je fais face à quelques regards curieux, presque désapprobateurs, des moines. Au bout d'un moment, je décide de rendre visite au ’bureau d'enregistrement des étrangers’ pour poser quelques questions à -j’en suis convaincu- un religieux aimable et enthousiaste qui a la charge de la réception. L’homme ‘m’accueillant’ doit être son frère jumeau maléfique. Un frère jumeau avec une sorte de problème aux yeux parce qu'il n’arrête pas de les lever au ciel pour une quelconque raison. Nous nous asseyons et, après avoir été obligé de faire des salutations religieuses au Bouddha, je suis autorisé à poser des questions. L'homme me fait le portrait d'un monastère strict et étroit d'esprit, qui accueille quiconque est prêt à se couper du monde extérieur et à accepter une propagande écrasante pour le Bouddhisme. Son attitude impatiente est une expression claire de son préjugé contre quelqu'un qu'il considère probablement comme un pécheur ignorant du monde superficiel. J’en conclus que même le moine le plus expert a encore beaucoup de travail à faire sur sa libération de la haine, et saisi la première chance que j’ai pour m’évader poliment du ‘centre de méditation’.
Heureusement, j'ai un plan pour l'après-midi. Je fais une visite rapide du Mon State Museum, où j'observe de magnifiques objets et en apprend davantage sur la culture Mon. Le musée est une visite rapide, avec un rappel que “les cultures régionales sont importantes, mais l'unité de la nation l’est d'autant plus.” Je quitte le musée plus tôt que prévu, et décide de retourner en ville pour faire une autre balade autour d'un des quartiers coloniaux. La chaleur est toujours aussi écrasante et je m'arrête à l'ombre d'un bâtiment pour faire une pause. Je suis assis sur quelques marches qui mènent à une petite ruelle. Soudain, un garçon de six ans apparaît, sautillant et criant. Alors que je prends quelques secondes pour compatir avec les parents, il me voit. "Hello! Hello! Beautiful! Beautiful!" Puis, il m'invite dans l'allée, où ses amis jouent aux billes. Je passe une heure dans l'allée, à regarder et à rejoindre les jeux de billes. Les enfants partagent quelques bonbons avec moi et j’en partage d’autres avec eux, bien que le garçon qui m'a invité n'a clairement pas besoin de sucre. Après un certain temps, une femme rejoint le groupe et un cercle se forme autour de moi. Elle mène une discussion, nous échangeons quelques questions et quelques rires, puis le temps vient pour moi de partir et de rendre le scooter.

Ma visite de Mawlamyine arrive à sa fin et, pour une raison une autre, je me suis laissé convaincre que ce serait une bonne idée de rejoindre Hpa An en bateau. “Ca ne prendra que quatre heures et demie, c’est sûr!” -l'homme m'a dit. Je monte sur le bateau et embarque pour un voyage en amont qui s'avérera prendre six heures et demie. Un moment après avoir quitté Mawlamyine, nous nous arrêtons à un monastère et je me rends compte que le voyage en bateau pour Hpa An est en fait une excursion en bateau pour Hpa An. "Tant que nous arrivons en quatre heures, parce que j'ai prévu des visites dans l'après-midi..." -Je pense, naïvement. Le monastère est un site religieux paisible au milieu de nulle part. Un bon nombre de jeunes hommes donnent aux murs une nouvelle couche de peinture, l’un d’entre eux grimpe à un arbre pour en faire tomber les fruits. Des enfants l'observant m’expliquent que le fruit est endémique et que je ne le trouverai nulle part ailleurs. Ils m’en offrent un et je les remercie, puis je les laisse admirer la ruche d’abeilles qui bourdonne à quelques mètres seulement de l'homme dans l'arbre. Je décide de marcher à travers le village et finalement j'arrive au bateau. Nous sommes prêts à continuer le voyage! Mon enthousiasme dure quelques mètres, et le bateau s'arrête parmi quelques autres. Le niveau de la rivière a considérablement diminué durant la saison, et les bateaux ont du mal à passer. Quelques-uns des passagers descendent du bateau pour aider à pousser, et nous nous baladons pour essayer de scanner la profondeur de l’eau. Tout cela finit par mener à une situation absurde où les passagers restants sont assis sur le bateau et attendent que quelque chose se passe, alors que les hommes conduisant le bateau sont assis à l'arrière et attendent que les passagers descendent pour alléger l'embarcation. Tout ça sans communiquer. Après un certain acharnement, nous arrivons à passer et continuons notre chemin, seulement pour s’arrêter de nouveau lorsque notre pilote aperçoit un bateau en panne. Il aide à réparer le moteur et nous naviguons à nouveau. Cette fois, nous allons y arriver.

Mawlamyine a une atmosphère ancienne et à chaque coin de rue, je m'attendais à voir des personnes en costumes anciens débarquer sur des bicyclettes du siècle dernier. Elle m’a offert une belle journée

La route change de bitume en terre battue et très vite je me retrouve parmis les verts luxuriants de la campagne. Je progresse sur ce brun rougeâtre d'une route qui contraste avec les champs alentours, et tout à coup j’aperçois des filets de pêche Chinois le long d'un petit canal. Un homme semble s'en occuper et je m'arrête pour enquêter


Je suis décidé à ne pas laisser ces deux heures de retard ruiner mes projets, et je rejoins rapidement l'hôtel. Je dépose mes sacs, arrange la location d’un scooter, et je vais me rendre à la grotte de Sa Dan. Je traverse la ville et quelques villages. La route change de bitume en terre battue et très vite je me retrouve parmis les verts luxuriants de la campagne. Je progresse sur ce brun rougeâtre d'une route qui contraste avec les champs alentours, et tout à coup j’aperçois des filets de pêche Chinois le long d'un petit canal. Un homme semble s'en occuper et je m'arrête pour enquêter. Je m'approche de l'homme qui pêche dans le petit canal, bien qu'il utilise le filet directement dans l'eau, et il semble que je ne verrai pas les filets Chinois en service. Nous échangeons quelques mots et je l’observe pêcher un instant. Je ne voudrais pas abuser de son hospitalité, et décide de me diriger vers la grotte peu de temps après.
Vous entrez dans la grotte de Sa Dan à travers une salle immense où, bien sûr, vous trouvez d’innombrables Bouddhas et quelques néons. Je passe devant les statues et progresse dans une grotte impressionnante. Je peux entendre les nombreuses chauves-souris qui discutent au-dessus de ma tête, et je peux deviner ce qu’est la ‘boue’ sous mes pieds nus. Finalement, j'arrive à la fin de la grotte, qui est en fait une autre entrée. De ma direction, elle est une sortie magnifique vers une petite clairière bordée par un petit lac. Quelques habitants vendent des boissons ici, et certains naviguent sur des bateaux à rame au travers du lac. La découverte me laisse bien impatient de découvrir les autres sites de Hpa An.

Le lendemain, je prends un taxi-scooter vers le mont Zwegabin, pour ce qu’on m’a annoncé comme l’ascension physique d’un escalier sans fin. Je marche sur le petit chemin et, après presque deux heures, j'arrive au monastère qui m'offre une pause. Le lieu religieux abrite quelques moines, quelques jeunes qui cuisinent et vendent les repas, et quelques visiteurs pour la plupart locaux. Pendant presques deux heures supplémentaires, je me promène autour du monastère et de la stupa qui est censé contenir un des cheveux du Bouddha. Après un certain temps, je parle avec un des jeunes qui organisent le repas et décide d’offrir à mon corps un peu de carburant avant la descente vigoureuse sur le côté Est de la montagne. Heureux d'être monté de l'autre côté, j'arrive au bout d'un voyage sans fin vers le bas du mont Zwegabin et je suis complètement trempé de sueur. Après une petite pause, je me dirige vers la grotte Kawt Ka Taung où l'on m’a dit que je pourrai nager! Je m'arrête pour causer avec quelques habitants qui mâchent du bétel -cette noix typique qui se mêle au tabac pour détruir les dents du Myanmar- et on me propose de m'emmener à destination. La piscine naturelle que je trouve est alimentée par de l'eau douce et... envahie par les enfants. Quoi qu'il en soit, le rafraîchissement est nécessaire et je profite de l'eau. Les enfants s'amusent et c'est un spectacle sympathique pour un court moment. Très vite, je décolle et commence à réfléchir à un moyen de rentrer à Hpa An. Je trouve un homme et quelques enfants qui attendent à côté d'un camion et je leur demande s'ils pourraient me déposer. Ils sont d'accord et je fais mon premier voyage à l'arrière d'un camion!
Dès que nous atteignons Hpa An, je loue un scooter et me rend à une autre grotte habitée par le Bouddha: Kawgun grotte. Je fais une visite rapide et rebrousse chemin, au travers de petits villages. Je m'arrête un moment pour regarder un groupe de jeunes hommes qui jouent à la version 'volley-ball' du chinlone avec une dextérité que j'admire vraiment, et après un moment je dois partir. En effet, j'ai prévu de visiter une dernière grotte avant de retourner à Hpa An. Elle est communément connu sous le nom de “bat cave” ou "caverne des chauve-souris" et, comme on pourrait le deviner, elle abrite une quantité incroyable de chauves-souris! Je me trouve parmi une foule de visiteurs enthousiastes, causant avec une femme rigolote de Hpa An. Elle semble avoir accompagnés des gens ici, ce qui me laisse penser qu'elle est une sorte d'hôte, ou un guide. Après un certain temps, la lumière est assez basse et la colonie de plus d'un million de chauves-souris décide de sortir. Un nuage de chauves-souris bat des ailes à travers l'entrée de la grotte, et je regarde ces vagues noires suivre la rivière en aval...

Le lendemain, ma visite de Hpa An arrive à sa fin. Un bus m’emmenera loin de ce paradis vert en début d'après-midi et je veux profiter de la matinée qu’il me reste. Je loue un scooter une fois de plus et décide d'explorer certains des villages que j'ai eu la chance de traverser. Aussi discrètement que possible, je m'immisce dans la vie quotidienne des locaux. Je marche dans la rue d’un village, au son des salutations des enfants. "Hello bye bye!" J'aperçois des hommes qui se sont rassemblés pour aider à construire une maison et je suis vraiment étonné. J’ai souvent remarqué qu’un bon nombre d’entre eux semblent être mal à l'aise avec les étrangers. L’espace d’un instant, je me demande si cela a à voir avec leur conception biaisée de la ‘richesse’ des étrangers, ainsi qu'une certaine dose de fierté, mais pour moi, cela semble absurde. Ce sont des hommes qui peuvent réparer un moteur ou construire une maison, entre autres choses, tout en travaillant et en étant des pères impliqués. Qu'est-ce qu'un homme peut bien vouloir de plus?
Je visite d’autres villages alors que l'horloge pointe de plus en plus vers mon départ. Le dernier village est celui où j'ai regardé le jeu de chinlone, la veille, et j'avais remarqué des canaux d'irrigation. Je les traverse à nouveau et mon attention est interpellée par un groupe d'enfants et d'adolescents qui jouent près des tuyaux qui pompent l'eau de la rivière. Je me rapproche et salue un homme qui utilise l'eau pour nettoyer son scooter. Une femme passe avec un panier de linge, ou est-ce des légumes? Elle remarque à peine les enfants qui sautent et qui rient. Pas même les plus aventureux, qui font des plongeons acrobatiques. Pendant un court moment, je réfléchis à quel point il serait agréable de piquer une tête, mais mes valises sont faites. Je n'hésite pas pour longtemps cependant, un sac à dos peut être ouvert à tout moment, et quelle fin parfaite à mon voyage à Hpa An!

Je regarde par la vitre arrière de la voiture et je vois mon amie qui traverse la rue. Je suis retourné à Yangon pour faire un au revoir à multiples dimensions. Je me dirige vers l'Aéroport International de Yangon, loin de mon amie, d'un pays et d'un continent. Les règles du jeu changent et je dois me séparer du coin du monde que j'ai exploré au cours des six derniers mois. Dans la rue, les lumières défilent. J’ai envie de demander au chauffeur de taxi s'il pourrait peut-être ne pas m'arracher d’ici si vite, car il est tôt et que j'ai un voyage fatiguant en perspective.

Je suis venu au Myanmar avec peu de connaissances, si ce n’est son potentiel économique et ses lacunes politiques. Je suis venu avec une idée trouble si ce n’est pour les quelques personnes qui m’ont dit avoir adoré le pays. J'ai eu de la chance. La chance de trouver mon chemin jusqu'ici et de pouvoir former ma propre opinion. J'y ai trouvé un pays singulier, qui a jeté un oeil au travers des rideaux du monde seulement récemment. Et le monde, Myanmar le regarde avec un regard curieux mais prudent. Son regard n'est pas un regard d'envie, car le Myanmar a des richesses culturelles immenses. J’ai découvert une partie limitée de ces richesses, mais elle a dépassé ce que je pouvais imaginer.

Le Myanmar est plus que des temples antiques et des rizières luxuriantes. Le Myanmar est une histoire de restrictions et de résilience. Quelque part au-delà de la corruption et de la politique douteuse; quelque part au-delà des questions sociales et de la discrimination; quelque part au-delà de la pauvreté extrême, il ya une terre que les Birmans ont fait leur. La terre d'un peuple classé parmi les plus généreux au monde, et pas seulement par leur niveau de don par habitant, j’en suis convaincu. Ici, les gens battent l’adversité en s'aidant, ils font un jeu de s’offrir des petits cadeaux régulièrement. Ici, tout le monde s’appelle “frère” et “soeur.” Je pars maintenant, avec le sentiment que je ne devrais pas avoir de préférés, mais le Myanmar m’a beaucoup impressionné.

J'ai lutté avec la circulation de Yangon et j’ai dû changer de plan lorsque les bus étaient pleins ou les hôtels étaient trop chers. Je n'ai pas toujours trouvé un endroit décent pour manger ou même mon chemin. Je ne pourrais pas prétendre que le Myanmar est l'endroit le plus facile à naviguer, mais j'ai souvent trouvé quelqu'un pour m’aider, et plus souvent encore c’est eux qui m'ont trouvé. Le peu de tracas que le Myanmar m'a donné a été maigre prix à payer pour tant de merveilles, et je suis reconnaissant. Après tout, qui n’aime pas un peu d'amour strict?

Myanmar est un visage peint au thanaka qui vous donne un sourire plein de cœur. Il a parfois les dents teintées par l'ombre du bétel, mais le sourire ne sera pas timide, car vous avez été étudié de loin, et il est sincère. Myanmar vous offrira un fruit et tout aussi bien un jeu de chinlone. Il partagera un rire, et parfois vous proposera de vous déposer sans accepter paiement. Vous observerez les coutumes du pays et penserez que le Myanmar est puissant, pour vous avoir enseignée une grande leçon d'humilité, certes. Mais, et c’est encore plus important, parce qu'il vous a fait regarder dans le grand miroir des valeurs humaines, que vous le vouliez ou non.

Le Myanmar est plus que des temples antiques et des rizières luxuriantes. Le Myanmar est une histoire de restrictions et de résilience. Quelque part au-delà de la corruption et de la politique douteuse; quelque part au-delà des questions sociales et de la discrimination; quelque part au-delà de la pauvreté extrême, il ya une terre que les Birmans ont fait leur. La terre d'un peuple classé parmi les plus généreux au monde, et pas seulement par leur niveau de don par habitant, j’en suis convaincu. Ici, les gens battent l’adversité en s'aidant, ils font un jeu de s’offrir des petits cadeau régulièrement. Ici, tout le monde s’appelle “frère” et “soeur.” Je pars maintenant, avec le sentiment que je ne devrais pas avoir de préférés, mais le Myanmar m’a beaucoup impressionné


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