CHAPITRE DIX

LE VOLEUR DE TEMPS

Colombie

Bogota ne peut pas prétendre être la ville la plus attrayante au monde, ni la plus passionnante, mais ici j'ai eu un aperçu de cette créature appelée «Colombie». Un petit aperçu de ce qui m'attend sur ses routes, ainsi qu'une petite fenêtre sur sa culture et politique complexe


Trois vols et une nuit de sommeil sur le sol de l'Aéroport International de Panama sont le prix que j'ai payé pour rejoindre l'Aéroport International d'El Dorado à Bogota. Peu de temps après avoir discuté de mes bagages manquants avec le personnel de la compagnie aérienne, je me retrouve dans un taxi, conduit par un homme qui me prévient des nombreuses précautions que je dois prendre dans la capitale Colombienne. Entre les ‘millionaire rides’ et les motels qui "ne sont pas pour dormir", l'homme abonde d'exemples. Finalement, nous atteignons une rue calme en bordure du quartier animé d'El Chapinero, je le remercie.

Bogota n'est pas l'endroit le plus chaud au monde, ni le plus sec. Je passe l'après-midi sous des couvertures, me maudissant pour avoir quitté le Nicaragua en short et tongs. Finalement, le téléphone sonne et je suis informé que mes bagages sont arrivés avec le vol suivant. Ils devraient être livrés au début de soirée! J’emporte cette petite victoire dans la salle commune, où je rencontre un couple qui terminent leur voyage. Ils partiront de Colombie le lendemain, et “quel enchantement fussent les vacances!” L'homme explique avec passion comment leur voyage de trois mois en Amérique du Sud s'est transformé en une tournée de la Colombie. “Les gens sont géniaux, dit-il, et les paysages...! Il y a tellement de choses à voir.” Curieusement, il mentionne que les chiens errants ne sont pas agressifs en Colombie puisque les gens les traitent bien. Je lui prête une oreille distraite et me dit qu’il n’est pas question d’allonger ma visite de deux mois...

Mes premières sorties sont aux principaux musées de la ville. Le Musée National présentent oeuvres et informations allant de la culture Indigène de la période pré-Hispanique jusqu’à la fin du vingtième siècle. Entre les deux évidemment, l'invasion Espagnole et la lutte pour l'indépendance menée par Simon Bolivar. Ensuite, je visite le célèbre Musée de l'Or, où j'apprends la signification culturelle du métal précieux, ainsi que de l'émeraude, pour les anciens groupes autochtones d'Amérique Latine. J’apprends les différentes techniques d'artisanat utilisées à travers le continent. Il n'est pas surprenant que l'or ait une place spéciale ici, et pourtant, je suis surpris par la beauté et les détails des pièces. La Colombie est encore aujourd'hui beaucoup plus riche en ressources d'or et d'émeraude que je ne le soupçonnais. Les deux occupent une place particulière dans les traditions des tribus autochtones anciennes, en particulier celles qui vivaient dans la région où se trouve Bogota. Convaincus que ces deux ressources précieuses étaient les semences du soleil, ils faisaient des offrandes rituelles dans un lac sacré qui était considéré comme l'utérus de la terre. Enfin, je visite le Musée Fernando Botero, où je peux observer certaines des pièces créées par le célèbre artiste d’Antioquia. Si le travail de l'artiste sur les volumes et les proportions n'est pas du goût de tous, nul ne peut nier qu'il compte parmi les plus grandes fiertés de la Colombie.

Ma semaine à Bogota passe assez vite, entre un café ici et une visite là. Un après-midi, je prends un téléphérique pour le Monserrate, d’où je profite d’une superbe vue sur la ville. Plus tard, je me rends compte des disparités frappantes de l'économie du pays, alors que je me balade dans le centre-ville, dans le luxueux quartier Parque Noventa-y-tres, et dans des quartiers plus ‘dégradés’. Mon séjour approche de sa fin quand je décide de la sortie qui s'avérera être la plus instructive: le graffiti tour. Il s’agit d’une visite pédestre gratuite autour de la Candelaria et du centre-ville, axée sur l'art de rue de la capitale Colombienne. Cependant, le guide la ponctue d'anecdotes sur l'histoire, la culture et la politique Colombiennes. Il raconte que les artistes de rue de Bogota ont organisé un week-end de peinture - la plus longue protestation artistique au monde - parce que Justin Bieber avait été escorté par la police pour peindre un mur devant les caméras. Il explique qu’à l'époque la police persécutait les artistes de rue et avait même assassiné un peintre de dix-neuf ans. "Les habitants ont soutenus les artistes avec de la nourriture et de l'eau", explique-t-il, insistant sur le fait que l'art de rue est apprécié par la grande majorité des Bogotanos. Plus tard, il explique comment la sphère politique du pays est dominée par un cercle de familles corrompues formant l'élite Colombienne. Il explique également que l'un des artistes les plus protestateur est un professeur d'université dont l'identité réelle était longtemps un secret. Quand il nous informe de la grève des agriculteurs qui aura lieu dans la ville le lendemain, le guide mentionne l'impact néfaste de la multinationale Monsanto dans son pays. La société a poursuivi le gouvernement en justice après que la majorité des agriculteurs en sont revenu à des techniques plus traditionnelles. Techniques qui, bien sûr, ne nécessitent pas les produits chimiques activateurs de l'entreprise. Dans le cadre d'un procès pour violation de brevet, puisque Monsanto est propriétaire des graines, le gouvernement a dû envoyer les militaires pour détruire une quantité inimaginable de cultures. Le guide nous donne un aperçu intéressant de la Colombie, qui est loin d'être aussi dangereuse que l'image dont elle souffre. Il nous demande de transmettre une image plus positive du pays à notre retour chez nous.

Bogota ne peut pas prétendre être la ville la plus attrayante au monde, ni la plus passionnante, mais ici j'ai eu un aperçu de cette créature appelée «Colombie». Un petit aperçu de ce qui m'attend sur ses routes, ainsi qu'une petite fenêtre sur sa culture et politique complexe. Plus d'une fois dans la semaine, on m’a parlé d’un endroit qui, s'il a une histoire indéniable avec la criminalité, est en général beaucoup plus sûr que l'on suppose. Et à quel point les Colombiens désirent se séparer de cette image. Il semblerait que le pays soit beaucoup plus complexe qu'on ne s'y attendrait. Je pense aux quelques personnes auxquelles j'ai parlé, ainsi qu'au informations fournies lors du grafitti tour, et je pense que la Colombie semble être faite d'une dualité. Par des politiques du meilleur et du pire, notamment. Et quel meilleur moment pour visiter le pays? Le traité de paix a été mis en œuvre et les FARC rendent leurs armes petit à petit. Et pourtant, on m'a parlé d'une police corrompue, et des groupes paramilitaires qui commettent des actes horribles. Sûrement, saisir tout cela prendra du temps mais pour l'instant, je dois dire au revoir aux Bogotanos. Ou comme on les appelle ici, les Rolos.

Six heures de bus au Nord-Est de la capitale est San Gil, une ville de taille moyenne à Santander. Je me trouve dans un véhicule qui fonce sur les nombreuses courbes de cette région montagneuse. Je regarde par la fenêtre avec surprise, vers un paysage verdoyant et de nombreuses vaches qui me rappellent certaines des régions agricoles d'Europe. En fin d'après-midi, nous atteignons notre destination. La ville est célèbre pour sa rivière et ses opportunités de rafting, ainsi que pour des sorties en parapente sur les montagnes voisines. Plus important encore, San Gil est un arrêt de voyage en raison de sa proximité avec Barichara, considérée comme la plus belle ville de Colombie!

Malheureusement, j'atteins le havre Santanderino avec un rhume que je dois au climat de Bogota. Le rafting n’est certainement pas sur la table. Quant au parapente, il n'a jamais été sur la table, avec mon vertige. Mais hey, j'ai encore Barichara, et quelques jours de repos.

Une chaude après-midi, je me joins à un couple de l'auberge dans un bus pour Barichara. Nous traversons quelques collines et atteignons bientôt la célèbre petite ville. Les rues sont pavées de pierres ocres, les maisons semblent être peintes du même blanc immaculé dans le but de faire de l’endroit une véritable destination ‘carte postale’. Nous empruntons les rues ascendantes et descendantes, croisant de nombreuses voitures anciennes qui semblent être arrangées pour l'esthétique également. Outre les quelques places et l'unique église, je me rends vite compte que, aussi belle soit-elle, la ville a peu à offrir. Nous atteignons les miradores d’où nous pouvons observer la vallée dans laquelle le couple doit faire une randonnée plus tard ce jour-là. Une petite randonnée d'une heure, contre laquelle la chaleur finit par les dissuader. Au lieu de cela, ils décident de se détendre au mirador avec moi, jusqu'à ce que nous décidions de retourner vers la place principale et de prendre le bus pour San Gil.

Le lendemain, je suis content de ma visite à Barichara mais je décide qu'il est inutile d’y retourner. La ville m'a montré tout ce qu'elle avait à offrir en une après-midi. De plus, elle me parait ‘trop propre’, elle semble s’adapter au tourisme. Au lieu de cela, je décide de me balader à San Gil et d'observer la foule en chapeaux de cowboy. Je trouve mon chemin vers le marché local. À l'intérieur, je regarde les fruits qui semblent typiques de cette partie du monde. Les tomates d'arbres, lulos, guanabana et granadillas. Je me souviens de n’avoir vues tomates d’arbre et granadillas une fois seulement: à Munnar, en Inde. Plus tard, je fais une recherche rapide sur les granadillas. Ce cousin doux, jaune et blanc du fruit de la passion semble croître dans les endroits élevés et humides. Cela expliquerait leur plénitude le long de la cordillère. À Munnar aussi!

Après quelques jours à San Gil, ma santé ne s'est pas améliorée, au contraire, et la chaleur intense n'aide pas vraiment. Je dois décider d'un retour à Bogota pour me reposer sous des températures plus fraîches, même si cela ne me permet pas de prétendre connaitre Santander. Une autre fois, surement.

Une chaude après-midi, je me joins à un couple de l'auberge dans un bus pour Barichara. Nous traversons quelques collines et atteignons bientôt la célèbre petite ville. Les rues sont pavées de pierres ocres, les maisons semblent être peintes du même blanc immaculé dans le but de faire de l’endroit une véritable destination ‘carte postale’

Dès que j'ai atteint cette partie de la Colombie, j'ai remarqué que j'étais en territoire macho, mais je n'imaginais pas que l'homme conduisant la jeep ferait un tel spectacle de notre traversée du désert. Au milieu de denses champs de cactus, nous dérapons de gauche à droite sur un chemin curviligne sans visibilité; à travers de l'étendue aride du désert au-delà, nous fonçons comme une fusée; et finalement, nous atteignons Cabo de la Vela en triomphe


Mon retour à Bogota n’a pas été un grand succès. J'avais prévu une pause de trois semaines pour me reposer, écrire et cuisiner plus de légumes. Les deux premières semaines se sont passées sans incident mais finalement, j'ai fini par être victime d'une tentative d'extorsion. J'ai pris les choses en main auprès d’El Gaula, la police d'élite qui lutte contre l'enlèvement et l'extorsion, mais nos efforts se sont avérés infructueux. Inutile de dire que quand tout était fini, j'étais plus que prêt à partir. À ce moment-là, mon rhume/bronchite était soigné et j'ai donc décidé de prendre un vol pour Santa Marta. À mon arrivée, et à la vue de la rangée de ‘gratte-ciels’ qui longeaient le bord de mer, j'ai décidé de voyager un peu plus loin. Je suis arrivé au village tranquille de Palomino, la destination hippie devenue endroit touristique. La semaine que j'ai passée entre la plage et l’auberge, ou à descendre la rivière en bouée, m’a permis de tourner la page Bogota.

Sur les conseils de la famille qui dirige l'auberge à Palomino, je suis maintenant à Cuatro Vias, le carrefour de deux routes importantes dans la partie la plus au Nord-Est du pays. De là, je rencontre deux autres voyageurs et nous sommes bientôt escortés vers une voiture qui nous amène au désert de La Guajira. Une fois que nous atteignons Uribia, nous changeons pour une jeep surpuissante et la vraie aventure commence. Dès que j'ai atteint cette partie de la Colombie, j'ai remarqué que j'étais en territoire macho, mais je n'imaginais pas que l'homme conduisant la jeep ferait un tel spectacle de notre traversée du désert. Au milieu de denses champs de cactus, nous dérapons de gauche à droite sur un chemin curviligne sans visibilité; à travers de l'étendue aride du désert au-delà, nous fonçons une fusée; et finalement, nous atteignons Cabo de la Vela en triomphe. La ville ressemble plus à une colonie, et je trouve un hamac à louer dans une auberge qui sent le poisson et accueille de nombreuses mouches. On m'informe que le générateur fourni de l'électricité entre six et dix heures du soir et que je ne devrais pas compter sur des produits frais. Quoi qu'il en soit, Cabo de la Vela semble vraiment différent. Un coin oublié du monde. Alors que le soleil commence à descendre, je me décide à m'asseoir près de l'eau et à observer le spectacle typique de cet endroit, célèbre pour le kitesurf.

Le lendemain, je me dirige vers les endroits qu’on m’a recommandé, à pied et sous un soleil de plomb. Quelques kilomètres me mènent au Pilon de Azucar, qui offre un accès à une belle plage d'un côté et donne sur des falaises de l'autre. Après un bain bien mérité dans la mer, je monte au Pilon, d’où je peux observer une grande partie de la côte plus à l'Est, et le désert qui se jette dans la mer. Plus tard, je me dirige vers Ojo de Agua. La marche sans fin me fait passer passer d’humbles campements des habitants locaux: le groupe Indigène Wayuu. Je marche au delà de collines et jusqu'à atteindre une belle plage. Je l'ai pour moi tout seul. Je nage un peu plus, je me repose et je lis. Après un certain temps, la foule du coucher de soleil commence à apparaître et, faute de moyen de transport, je décide de marcher la dernière étape du triangle de quarante-huit kilomètres que j'aurais marché ce jour-là. Sur le chemin retour, je rencontre trois petites filles en route pour le magasin. L'aîné est en charge des quelques pièces avec lesquelles elles vont acheter le tabac du père. Nous marchons ensemble pendant un moment, le plus jeune me tenant la main, alors qu'elles négocient ce que je vais leur acheter. Ou plutôt, elles m’informent ce que je vais leur acheter. Sodas et bonbons, bien sûr, et je blâme les touristes. Avant de venir ici, on m'a conseillé d'acheter des sacs d'eau et des bonbons à donner aux enfants. Ce qui, bien sûr, ne biaise pas du tout leur relation aux touristes! Mais, plus important encore, ce geste ne semble pas être très durable. Ce n'est pas un secret que la population locale souffre d'un accès restreint à l'eau, mais le sucre déshydrate. Pour cette raison, j'ai décidé d'apporter des sacs d'eau et pas de bonbons.

Sur la route du retour, nous traversons à nouveau le désert, et rejoignons la route qui mène à Uribia. La route longe une voie ferrée qui mène, dans la direction opposée, à la mine d'El Cerrejon. Soudain, je repense à une exposition de photos que j'ai vue à Bogota. El Cerrejon, la plus grande mine de charbon au monde, est finalement sous les projecteurs à cause de l’impact qu'elle a sur l'environnement et les communautés Wayuu locales. Ils sont laissés avec le peu d’eau que la mine ne capture pas, et ce peu d’eau est maintenant pollué. En raison de ce manque d'eau, le bétail meurt et plus de dix mille personnes ont péries de malnutrition au cours des dernières années. Je me souviens d'avoir quitté l'exposition avec quelqu'un que j'avais rencontré à Bogota. Il se sentait honteux que le gouvernement n’adressent pas le problème, je me sentais honteux parce que sûrement l'entreprise qui exploite la mine doit être une société Occidentale dont les actionnaires ont déjà plus d'argent qu'ils ne pourraient dépenser. Une chose est sûre dans tous les cas: les minorités semblent toujours payer le prix.

À mon retour à Santa Marta, je joins un voyage de quatre jours à la Ciudad Perdida, ou Citée Perdue. Le monument a été découvert dans les profondeurs de la Sierra Nevada de Santa Marta en dix-neuf soixante-douze, bien qu'elle n’ait jamais été perdue pour les tribus Indigènes locales. L'endroit autrefois habité, dont la construction est estimée autour du neuvième siècle, reste un site sacré pour les Arhuacos, les Koguis et les Wiwas. Ces groupes autochtones vivent dans différents territoires d’une jungle qui abrite des pics enneigés, y compris la plus haute montagne de Colombie.

Dans une jeep pour l'entrée du parc national, je rencontre les deux autres membres du groupe, et bientôt nous arrivons à la petite ville qui donne sur la randonnée. A Machete, nous nous asseyons pour déjeuner avec le guide que nous venons de rencontrer. Juan est un jeune guide Wiwa qui vit et étudie dans la Sierra Nevada de Santa Marta. Il porte la tenue traditionnelle de son groupe Indigène, vêtu de blanc avec un chapeau et un sac fait à la main. Il a les cheveux longs, et j'apprends qu’ils symbolisent les lianes et donc la jungle, et pour cette raison il ne peut pas les couper. Peu de temps après le déjeuner, nous partons pour un voyage aller-retour de quarante-six kilomètres. Juan nous informe que nous devons traverser un peu de terrain agricole avant d'atteindre la jungle. Il se promène avec enthousiasme et nous montre différentes plantes. Bientôt, nous atteignons la jungle et entrons en territoire Kogui. La végétation est beaucoup plus dense et notre guide est dans son élément. Nous marchons pendant un certain temps et nous arrivons au premier camp, où nous sommes rejoints par deux autres groupes pour une nuit que je décrirais comme agitée. Après une heure de pluie intense, nous sommes évacués vers un dortoir différent, plus haut sur la colline. Le dortoir, qui est ouvert, nous abrite du déluge, et il nous offre le spectacle d'une rivière enragée. Tout va pour le mieux, et nous prenons le dîner, quand soudain, le cuisinier semble battre le sol avec un bâton. Il explique avoir tué un serpent venimeux qui entrait dans le dortoir. Nous sommes ébahis, et n'avons guère le temps de réfléchir au drame qui aurait pu se passer s'il n'avait pas repéré le serpent, qu'une énorme araignée fait son apparition sur le pied d'une camarade. Elle crée l’effervescence parmi le groupe, maintenant prêt à se réfugier sous les moustiquaires.

Le lendemain, Juan nous fait découvrir son univers, expliquant quelle plante est utilisée pour quoi, expliquant la signification des différents chants d'oiseaux. Il attrape des cigales pour les faire chanter, et nous propose une baignade dans la rivière au déjeuner. Le jour est ponctué de de pauses pour manger des fruits et de rencontres avec différents oiseaux ou araignées. À un moment donné, nous rencontrons un énorme serpent, près duquel le guide insiste que nous ne devons pas marcher. Alors que nous le contournons, le serpent se contacte, prêt à attaquer. Juan met un nom sur l'animal: le mapana, également connu comme bothrops atrox. Ce type de vipère peut sauter une distance de deux mètres afin de livrer son baiser mortel. Inutile de dire que nous reprenons la promenade rapidement, plus loin dans la forêt. Nous sommes pris dans de fortes pluies pendant la dernière heure, et nous arrivons au campement complètement trempés. Ce soir là, je m'assieds avec Juan, qui mentionne son projet d'aller à l'université et me donne son vrai nom: Kankuemaku. Il poursuit l'explication des coutumes sociales des Wiwas. Notamment, l'importance de leur chaman et leurs connaissances passées par voix seulement. Je me renseigne sur l'objet qu'il porte et apprends l'importance du Poporos parmi les groupes Indigènes de la Sierra Nevada de Santa Marta. L'objet, qui ressemble à une gourde, contient une poudre de coquillages qu’ils portent à la bouche quand ils mâchent des feuilles de coca, afin de déclencher l'agent actif de la plante. Symboliquement, la forme du poporo représente les trois couches de la nature et, plus important encore, elle sert d’identification aux hommes autochtones.

Le troisième jour, nous marchons à une heure du camp, traversons une rivière et empruntons d'innombrables marches jusqu'à atteindre la Cité Perdue. Nous sommes salués par des soldats et Kankuemaku nous informe qu'ils sont là pour protéger le site sacré. En effet, lors de la découverte des ruines, et compte tenu de la présence présumée d'anciennes reliques, des criminels ont commencé à piller l'endroit. En échange de reliques sacrées exposées au Musée de l'Or de Bogota, le gouvernement de la Colombie s'est engagé à protéger le monument. Notre guide nous montre comment observer les rituels d'hommage, à l'entrée du site, et nous obtenons accès. Nous remontons quelques-unes des nombreuses terrasses de la ville ancienne alors que Kankuemaku explique l'importance du site pour les tribus Indigènes de la région. Chaque cinq Septembre, dit-il, le monument est fermé aux visites afin de permettre le pèlerinage des trois communautés autochtones. Il nous montre les rituels de danse de l'événement et mentionne le rôle des trois chamans. Nous nous arrêtons pour observer des pierres anciennes et essayons de déchiffrer les cartes des montagnes et des rivières sculptées il y a des siècles. Nous visitons le site, nous rencontrons parfois les autres groupes et nous découvrons les plantes médicinales ainsi que l’huile fabriquée à base de terre.

Le voyage retour prend un jour et demi pendant lequel je tente de tirer le meilleur parti de ma rencontre avec un membre de la communauté Wiwa. Je fais avec mon Espagnol modeste dans l'espoir d'en apprendre autant que possible et, plus important encore, de partager un moment avec ce jeune homme. Je n'ai jamais rencontré un peuple qui paraît si pur, si inoffensif qu’ici, et Kankuemaku en est le meilleur exemple. Il est humble, discret, patient. Et son sourire, c'est le plus sincère que je n’ai jamais vu. Une nuit au camp, Kankuemaku m'a montré les jeux vidéo sur son téléphone. Il s'est alors transformé en enfant, et je jure, ses sourires illuminent la pièce. Quant à Ciudad Perdida, le site sacré et la randonnée resteront certainement l'un de mes souvenirs les plus précieux.

Notre guide nous montre comment observer les rituels d'hommage, à l'entrée du site, et nous obtenons accès. Nous remontons quelques-unes des nombreuses terrasses de la ville ancienne alors que Kankuemaku explique l'importance du site pour les tribus Indigènes de la région


L'endroit est indéniablement magnifique. Chaque rue de la vieille ville porte de belles couleurs et les balcons de typiques de Carthagène. Je passe l'après-midi à marcher dans cette ville charmante, et très rentable, en réalisant qu'un jour ici me suffira avant de passer à des endroits plus authentiques


Après un arrêt rapide à Santa Marta, pour laver les chaussures que j'ai finalement oubliées sur le toit de l'auberge, j'arrive à Carthagène pour un court séjour. D’une première impression, la ville semble être une destination charmante pour un week-end détendu. Les rues sont bordées de maisons coloniales colorées et les places promettent des rassemblements animés. Amis et les familles se sont retrouvés pour manger sur les tables au devant de restaurants confortables.

Il ne faut pas plus de quelques heures avant que je ne me vois proposé de la cocaïne dans la rue, par un homme qui vend également des bouteilles d'eau. Parce que, vous savez, l’un va si bien avec l'autre. Cela me donne peu d'enthousiasme pour la vie nocturne de Carthagène, et au lieu de cela, je passe une nuit tranquille à l'auberge. Bien reposé, je rends visite au centre de la ville, l'après-midi suivante. Depuis les docks, j'observe la nouvelle Carthagène, fait de gratte-ciels, et continue à l'intérieur de la partie la plus ancienne de la ville. Quelque chose est frappant, Carthagène semble être la destination numéro une pour les Colombiens aisés. Les magasins sont un peu raffinés et tout le centre semble cibler les week-enders qui sont venus faire un peu de shopping dans la ville coloniale pittoresque. Cependant, l'endroit est indéniablement magnifique. Chaque rue de la vieille ville porte de belles couleurs et les balcons de typiques de Carthagène. Je passe l'après-midi à marcher dans cette ville charmante, et très rentable, en réalisant qu'un jour ici me suffira avant de passer à des endroits plus authentiques. Lors de mon départ seulement, quelqu'un souligne le fait que Carthagène est l'un des endroits les plus socialement inégaux qu'on puisse trouver en Colombie. Et probablement le plus visité. D'une part, la ville a certainement l’un des plus beaux cachets de la Colombie urbaine. D'autre part, la périphérie abrite une pauvreté frappante.

Après Carthagène, j'ai marqué une courte pause à Rincon del Mar, plus au Sud sur la côte des Caraïbes. Ce village peu connu est considéré comme l'endroit le plus calme et le plus sûr des deux côtes Colombiennes. Entre les jeux de cartes, je me joins à mes compagnons de voyage pour visiter les îles voisines. Nous naviguons autour de Santa Cruz del Islote, l'île la plus densément peuplée du monde, et plus tard nous faisons de la plongée dans des récifs à couper le souffle. Lorsque la nuit tombe, nous joignons une autre expéditions pour un lagon, où nous nagons avec le plancton luminescent. L'expérience est magique.

Après quelques jours sur la plage, j'arrive maintenant à Medellin. Ma nuit était un voyage de douze heures dans le froid des bus longue distance Colombiens. Dès que nous atteignons la ville, je suis surpris par le paysage de Medellin, entourée de petites montagnes. Des quartiers humbles semblent avoir poussé sur leurs pentes, ce qui donne à la ville son unique esthétique. Lorsque le soleil se couche sur Medellin, la vue devient, à mon avis, encore plus impressionnante. Les montagnes qui entourent le centre de la ville s’habillent de milliers de lumières.

On m'a dit que les Paisas, les habitants de la région d’Antioquia, étaient les personnes les plus amicales que je pourrai trouver dans toute la Colombie, et il ne leur faut pas longtemps pour prouver leur réputation. Mes interactions avec eux sont vraiment chaleureuses et polies. A contrario, mon expérience avec les autres voyageurs se révèle plus laborieuse. Après avoir échappé à une auberge où ils semblaient avoir vu plus du bout d’un joint que de la ville, je me retrouve dans une autre auberge, qui se révèle être le parfait opposé. L'endroit est une Mecque de la fête et des jours de végétation sur le canapé. Toujours aucun intérêt pour Medellin. Quand je me renseigne sur toute la cocaïne que j'ai vue passer, un autre voyageur me répond que "Medellin est Medellin." Un minimum d’intérêt pour la culture locale, ou une simple conversation avec un Paisa, l’aurait informé du désir que les Paisas ont de se détacher de cette idée même.

Après avoir échappé au griffes de Poblado, le quartier ‘hype’ de Medellin, je trouve enfin une auberge décente. Mes visites m'ont jusqu'à présent montré les efforts fructueux de la politique de la ville pour changer les choses depuis la fin du conflit narcotique. La ville possède fièrement le seul métro du pays, rendant les déplacements beaucoup plus faciles. Mes visites dans différents parcs, ainsi que du Parque Explora -un musée scientifique interactif- témoignent de l'engagement de la ville à devenir le meilleur endroit pour vivre en Colombie. Partout, je vois des activités de la famille, de l'éducation, des transports démocratiques. Encore une fois, la visite qui m'en apprend le plus est un tour gratuit. Notre guide Juan fait un excellent travail pour nous montrer le centre-ville. Nous apprenons l'histoire particulière de cette région qui se démarque définitivement du reste du pays. La population, issue d’Européens Basques et Juifs, a été la première en Colombie à saisir les opportunités apportées par le boom du café du dix-neuvième siècle. La situation géographique de l'Antioquia n'était pas optimal pour le commerce du café, ils ont donc construit la seule ligne de train du pays (avec la ligne de mine actuelle de La Guajira). Juan poursuit en expliquant comment la région s'est industrialisée bien avant le reste de la Colombie. Les Paisas sont fiers de leur fibre entrepreneuriale, prétend-il. Ils sont connus pour être beaux-parleurs, admet-il. Plus tard, nous rencontrons plusieurs des pièces d'art que Fernando Botero a offertes à sa bien-aimée Medellin, dont une qui a garde les marque d’une attaque à la bombe lors d'un concert, pendant le conflit narcotique.

Medellin me montre également un aspect ambivalent du pays. Quand je visite la Comuna Trece, je suis confronté à une belle partie de la ville, mais une partie très précaire. L'architecture typique aménagée en niveaux le long de la colline, les escaliers roulants en plein air, l'art de rue, atténuent à peine les disparités frappantes entre les parties les plus riches de la ville et les comunas. Plus tard, je visite Guatape, la destination week-end incontournable pour la plupart des Paisas. Autant que j’ai profité des vues sur les lacs de Guatape qu’offre La Piedra, je trouve que l'opulence ici est vraiment hors norme. Ce n'est pas un secret qu’avoir une hacienda à Guatape est un rêve commun parmi les Paisas, mais je trouve troublant de trouver des maisons pour milliardaires ici alors que Medellin est entouré de barrios.

Medellin est un agréable à vivre, je trouve. La météo offre un compromis entre chaleur et pluies rafraîchissantes. Les gens sont accueillants et le métro rend mes trajets faciles. Pour ces raisons, je décide que c'est l’endroit parfait pour entreprendre un cours d'Espagnol qui m’obligerait à rester une semaine de plus. Entre autre, je me suis fait de bons amis ici: Daniel et Mateo. Ils m'ont tous deux montré quelques endroits de la ville et je suis plus qu’heureux d'avoir une semaine supplémentaire d'opportunités pour les rencontrer autour d’un café ou d’une bière Colombien(ne).

Dès que nous atteignons la ville, je suis surpris par le paysage de Medellin, entourée de petites montagnes. Des quartiers humbles semblent avoir poussé sur leurs pentes, ce qui donne à la ville son unique esthétique. Lorsque le soleil se couche sur Medellin, la vue devient, à mon avis, encore plus impressionnante. Les montagnes qui entourent le centre de la ville s’habillent de milliers de lumières


Le paysage d’Antiquia est vraiment quelque chose. Les montagnes arborent un vert accrocheur et une rivière couvre généralement dans la vallée. La finca nous offre une tranquillité apaisante et des vues à couper le souffle


Lors de ma première semaine à Bogota, j'avais rencontré un homme intéressant nommé Brandon. Il y a treize ans, il a quitté les États-Unis pour vivre en Colombie. À Bogota d'abord, puis sur la côte des Caraïbes, et maintenant en Antioquia. Il a récemment acheté une petite finca -ou ferme- entre les petites villes de Concepcion et Alejandria. Saisissant l'offre qu'il m'a fait de lui rendre visite, je me joins à lui dans le bus qui nous conduira à deux heures de Medellin. Nous quittons bientôt l'autoroute et nous retrouvons sur des routes montagneuses jusqu'à atteindre notre destination. Du bord de la route, nous commençons la randonnée de quarante cinq minutes vers la partie haute de la montagne. Nous traversons différents champs, parmi les nombreuses vaches et mules de la vallée, et passons devant d'autres fincas, ainsi que des ruines.

Le paysage d’Antiquia est vraiment quelque chose. Les montagnes arborent un vert accrocheur et une rivière couvre généralement dans la vallée. La finca nous offre une tranquillité apaisante et des vues à couper le souffle. Nous décidons de faire un trajet pour Concepcion afin d'acheter de la nourriture. La ville est un charmant coin Colombien hors des sentiers battus. Nous discutons avec la police locale, croisons de nombreux hommes en chapeaux de cow-boy, et ne rencontrons absolument aucun autre étranger. À notre retour, je mets la viande, la bière et le rhum que nous avons acheté dans un ruisseau à proximité qui servira de réfrigérateur. Et quand la nuit arrive, nous organisons un feu et faisons un repas improvisé à base de boeuf, de saucisses et de bananes plantain. La nuit apporte un tout nouvel univers à la finca. Les nuages ​​qui débordent au dessus des montagnes deviennent maintenant une soie grise sur le ciel bleu foncé, et à l'horizon, les lumières d’un orage clignotent en silence.

Ma courte pause chez Brandon me montre le pays authentique d'Antioquia, entre magasins à peine approvisionnés, bus rares et hommes à cheval. Nous marchons dans des champs escarpés et le long de chemins boueux, croisant des chevaux qui se poursuivent à certains moments, appréciant simplement le calme de la montagne à d'autres occasions.

Je me dirige vers l’Ouest, dans la région du café. Il n'était pas facile de quitter l’Antioquia mais qui visite la Colombie sans connaître la production de café? J’arrive à Salento tard dans l'après-midi, après sept heures sur des routes de montagne, secoué de gauche à droite et de droite à gauche. Heureux d'être arrivé, je me promène dans les rues de la ville, à la recherche de l'auberge. À l'arrivée, je me rends compte que ce ne sera pas l'hébergement le plus confortable du voyage, ni le plus propre, mais la famille qui gère l'endroit est adorable.

Mon premier jour de visites est compromis par une pluie implacable, mais finalement, je trouve l’occasion de sortir. Le lendemain matin, je prends une jeep pour la vallée de Cocora, où je rencontre les plus grands palmiers du monde. Les montagnes et collines en sont couvertes, c'est vraiment singulier. Je passe un peu de temps à me balader dans les collines, surpris par la beauté de cet endroit unique. Et cet endroit, il semble faire le même effet aux autres voyageurs que je rencontre.

Plus tard, je prends une autre jeep, plus loin dans la vallée. J'atteins une petite ferme qui produit du café bio et je demande à visiter. Alors que nous nous promenons dans les champs, l'homme explique que la plante pousse seulement au-delà d'une certaine altitude. Elle est seulement cultivée sur terrain penché, car elle doit recevoir très peu d'eau. Nous récoltons des grains, et bientôt l'homme me montre les processus de tri, de séchage et de rôtissage. Après m’avoir expliqué les différents engrais et répulsifs organiques qu'ils utilisent à la ferme, le guide me montre le café de qualité secondaire vendu aux multinationales qui vendent le café instantané que nous buvons en Occident. Par chance, la boisson qu’on m’offre à la fin de la visite est d’excellente qualité!

L'Eje Cafetero est au cœur du paysage et de la culture Colombienne. Pour moi, il a été une expérience intéressante, bien que vraiment humide. Lors de ma dernière nuit à Salento, je retourne au camion où j'ai rencontré une femme amicale qui cuisine des spécialités du Moyen-Orient. Comme l'autre jour, j’arrive pour un repas rapide et finit par passer des heures à discuter avec la propriétaire et son neveu. C'est la fin parfaite à ma visite de Salento, je suis maintenant prêt à partir. Je me prépare à quitter la Colombie dans son ensemble.

Je me dirige vers l’Ouest, dans la région du café. Il n'était pas facile de quitter l’Antioquia mais qui visite la Colombie sans connaître la production de café?


Que puis-je dire de la Colombie, à part qu'elle est en effet vaste et diversifiée? Que puis-je dire, à part qu'elle est en effet accueillante et captivante? Je pars maintenant parce que d'autres aventures m'attendent, et parce qu'aucun visa n’est éternel, mais la Colombie m'a fait espérer que je n’aurais jamais à partir


Après une courte pause à Cali, la capitale de la salsa, je suis dans un bus en direction de la frontière Équatorienne. Un autre bus de nuit avec le bouton de la climatisation tourné au maximum! Je me couvre avec ce que je trouve et tente de dormir pour autant des douze heures que possible. C'est ma rupture Colombienne de douze heures.

Sous la couverture que ma voisine de siège a proposé de partager, je repense à mon premier jour en Colombie. J'ai discuté avec un homme alors, et il avait prolongées ses vacances. "Jamais mes cinq semaines ici ne se transformeront en trois mois" -me suis-je dit. Et pourtant, presque. Je suis en Colombie depuis deux mois et demi. Quelqu’un dans ma situation essayerait de faire valoir que le pays est si vaste et que les paysages sont tellement diversifiés. Que seul le Brésil bat la Colombie niveau richesses naturelles aussi. Il pourraient faire valoir que les gens sont accueillants et la culture captivante. En ce qui me concerne, je serais d'accord avec l'ensemble de ses arguments, mais pas seulement. Si je suis honnête, après tant de mois de voyage, je dois aussi appeler la Colombie terre d'un sentiment de stabilité retrouvé.

Que puis-je dire de la Colombie, à part qu'elle est en effet vaste et diversifiée? Que puis-je dire, à part qu'elle est en effet accueillante et captivante? Je pars maintenant parce que d'autres aventures m'attendent, et parce qu'aucun visa n’est éternel, mais la Colombie m'a fait espérer que je n’aurais jamais à partir. Ce voleur de temps, il m'a jeté un charme. Le plus grand des cambriolages a eu lieu sur mon horloge, et je ne l'ai jamais vu venir.

La Colombie pourrait bien être une histoire simple de meilleur et de pire. Elle a des paysages incroyables et des gens magnifiques, tout comme elle a une histoire de violence et la peste d’une politique corrompue. Et dans tout cela, quelque chose attire mon attention. La corruption, les groupes paramilitaires, la drogue, tout cela sonne comme une histoire qu’on m’a déjà conté. Et c'est au Myanmar que la Colombie ressemble dans ce contexte. Ils me parlent d’une tendance intrigante mais triste, que de plus grandes ressources vont de paire avec de plus grands conflits.

Quant à moi, la Colombie m'a également montrés des bas et des hauts. De l'expérience d'une extorsion jusqu’à de beaux paysages, des expériences d'apprentissage uniques, et des rencontres humaines inoubliables. Je pars maintenant, avec le désir implacable de le crier sur tout le toits, que la Colombie n'est pas comme les gens pensent. Qu'elle a en effet tourné les choses à son avantage, parce que sa politique a aussi deux visages et que l'un n'est peut-être pas si terrible. Et, surtout, la Colombie pourrait simplement être sur le chemin du succès parce que son peuple sera toujours invaincu.

J'ai erré plus longuement sur les routes de la Colombie que je n’aurais pu m’imaginer. Parfois, c'était un désir que je suivais, parfois c'était simplement une humeur. Les deux ont mesuré un poids égal et je pense maintenant: “C'est peut-être bien cela que la Colombie avait à m'apprendre.” Si vous y pensez, le temps a-t-il été volé par ce voleur, ou a-t-il été donné?

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